En Guinée, le général Mamadi Doumbouya, investi président de la transition le 18 janvier 2026 après sa victoire à l’élection présidentielle, a mis fin à quatre ans de junte militaire, en reconduisant Amadou Oury Bah comme Premier ministre le 26 janvier. Cette décision, officialisée par décret lu à la RTG suite à la démission du gouvernement précédent, survient dans un contexte de liesse contenue à Conakry, où les salons et réseaux sociaux bruissent déjà de spéculations sur les nominations ministérielles.
Cette nomination assure une continuité executive : Bah, en poste de février 2024 à janvier 2026, avait déjà piloté la transition post-coup d’État de septembre 2021. Elle marque la clôture d’une période marquée par quelques répressions (interdiction des manifestations depuis 2022), des réformes administratives et des tensions ethniques-régionales récurrentes – un « syndrome guinéen » de désillusions rapides, comme lors de sa propre nomination à Lola en 2024, saluée puis critiquée.
Le décret du 26 janvier dévoile une structure gouvernementale compacte de 27 ministères et 2 secrétariats généraux à rang ministériel, contre près de 40 auparavant. Cette rationalisation vise la modernisation administrative, la relance économique et le renforcement de l’État, dans un pays riche en minerais mais miné par la pauvreté et la corruption.
Les priorités émergentes – souveraineté alimentaire, économie numérique, décentralisation – répondent aux défis post-transition, tandis que le calendrier des élections législatives, communales et sénatoriales reste en suspens, alimentant une attente fiévreuse.
La nouvelle architecture gouvernementale reflète une volonté de « main resserrée » : plus compacte, elle promet efficacité mais pourrait raviver les débats sur l’équilibre ethnique et régional, comme en 2021 avec ses 25 portefeuilles échelonnés. La reconduction de Bah stabilise mais pourrait cristalliser les oppositions, dans un climat de réformes urgentes (décentralisation vs. déconcentration) et d’attentes populaires.
Les prochains jours, avec les nominations attendues, testeront si le président Doumbouya opte pour une inclusion large ou prolonge la fermeté sécuritaire, influençant la trajectoire démocratique guinéenne.
Pivi BILIVOGUI
Pour JustinMorel.Info
© Copyright 2000 – 2026 | justinmorel.info





