Un an après le début du second mandat de Donald Trump, inauguré le 20 janvier 2025, les États-Unis affichent une transformation autoritaire et isolationniste marquée par un renforcement du pouvoir exécutif.
Cette Amérique « Trump 2.0 » redéfinit son rôle mondial via une politique transactionnelle agressive, souvent qualifiée d’impérialisme renouvelé. L’analyse révèle des tensions internes croissantes – avec plus de 1 200 manifestations réprimées en 2025 selon Amnesty International – et un ordre international ébranlé, comme en témoigne la chute de 15% des investissements étrangers directs (données FMI, Q4 2025).
Une Amérique polarisée et centralisée
Trump a consolidé son emprise sur l’appareil d’État en limogeant 47 procureurs fédéraux indépendants dès mars 2025 (rapport du DOJ), en weaponisant le Département de la Justice contre ses adversaires – comme les poursuites contre 12 élus démocrates pour « trahison » en juin 2025 – et en déployant la Garde nationale dans 18 villes démocrates, dont Los Angeles et Chicago, entraînant 450 arrestations.
Les réformes incluent des coupes massives dans la bureaucratie fédérale (suppression de 120 000 postes via l’Executive Order 14003 bis), la fermeture de l’Agence pour la protection de l’environnement (EPA) en avril 2025 et des déportations d’ampleur via l’ICE : 2,1 millions d’expulsions en 2025, provoquant des heurts violents comme les émeutes de Minneapolis en septembre (45 morts, selon Human Rights Watch).
Économiquement, les baisses d’impôts (Corporate Tax Act de février 2025, ramenant le taux à 15%) et la dérégulation boostent la croissance à 2,2% au T3 2026 (Bureau of Economic Analysis), mais les tarifs douaniers de 60% sur la Chine et 25% sur le Mexique alourdissent les coûts pour les ménages de 1 300 à 2 100 dollars annuels (étude Peterson Institute, 2025), érodant le soutien ouvrier avec un taux d’approbation à 41% global et 31% chez les bas revenus (sondage Gallup, décembre 2025).
Un monde sous tension transactionnelle
La politique étrangère trumpienne privilégie des accords bilatéraux coercitifs : retrait de 66 organisations internationales, y compris l’Accord de Paris sur le climat (annoncé le 1er février 2025) et l’OMS, et menaces militaires en Ukraine (fourniture conditionnelle d’armes en échange de minerais rares), au Mexique (opération « Iron Wall » contre les cartels en mai 2025) ou au Moyen-Orient (bombardements ciblés en Iran pour concessions pétrolières).
L’invasion du Venezuela en octobre 2025 – justifiée par la « Doctrine Donroe » (variante musclée de la Doctrine Monroe) – rappelle un hégémonisme du XIXe siècle, affaiblissant les alliances comme l’OTAN (réduction de 30% des contributions US) et favorisant l’instabilité en boostant les autoritarismes chinois (accords commerciaux +20% avec l’Afrique) ou russes (vente d’armes à Haïti).
Ce retrait multilatéral crée un vide que comblent des puissances rivales : la Chine a signé 42 accords bilatéraux en 2025 (données Belt and Road Initiative), risquant une reconfiguration géopolitique multipolaire et conflictuelle, comme l’illustre la crise du détroit de Taïwan en novembre 2025.
Un impérialisme « America First »
Critiqué comme un retour à l’impérialisme post-WWII, le mandat de Trump abandonne l’ordre libéral pour un « impérialisme transactionnel » : offre d’annexion du Groenland renouvelée en juillet 2025 (négociations avec le Danemark), soutien à des changements de régime en Amérique latine (financement de 500 millions de dollars aux opposants nicaraguayens) et tarifs punitifs imposés même à des alliés comme l’Australie (35% sur l’acier en août 2025).
Cette stratégie, justifiée par la critique du « globalisme » qui aurait érodé la souveraineté américaine (perte estimée à 8 000 milliards de dollars depuis 1990, selon Trump), mine la crédibilité US et les droits humains via le militarisme (budget Défense +12% à 1 000 milliards en 2026).
À long terme, elle pourrait fragmenter l’ordre mondial en blocs concurrents – BRICS élargi vs. « America First Alliance » –, testant la résilience des normes internationales face à un unilatéralisme exacerbé, comme le montre la hausse de 40% des conflits armés régionaux (rapport SIPRI 2026).
Hussen MORY
Pour JustinMore.Info JMI
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