La Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), née comme un mouvement de soutien clé lors de la présidentielle de décembre 2025, remportée par le colonel Mamadi Doumbouya, avec un écrasant score de 86,72% des voix, opère actuellement une mue stratégique en se transformant en parti politique.
Cette transition, annoncée dans la foulée de la victoire, vise à cristalliser un bloc politique unifié en prévision des élections législatives à venir, marquant une consolidation méthodique du pouvoir présidentiel, dans un contexte post-coup d’État de 2021, et d’adoption d’une nouvelle Constitution en 2025.
Raisons profondes : fédérer et élargir la base pour un projet hégémonique
Au-delà de la simple formalisation, cette évolution répond à un impératif de structuration. Le parti GMD ambitionne de fédérer les soutiens hétérogènes – partis alliés, mouvements citoyens, jeunes et femmes – qui ont propulsé Doumbouya à la tête de l’État. Centré sur le slogan « Bâtir Ensemble ! », il articule un projet de société axé sur le développement économique et la modernité, cherchant à élargir sa base populaire au-delà des cercles militants initiaux.
Face à une opposition affaiblie, exilée ou incarcérée, cette manœuvre renforce le leadership de Doumbouya, validé par une justice expéditive malgré les contestations des résultats électoraux. Elle s’inscrit dans une logique de pérennisation post-transition, transformant une victoire électorale en machine politique durable.
Acteurs et dynamiques internes : une transition fluide sans heurts apparents
Aucune hésitation publique en entrave à ce processus. Mamadou Doumbouya, proche du président, a brisé le silence pour officialiser le lancement du parti GMD, tandis que le Premier ministre Amadou Oury Bah – alias Bah Oury – orchestre les fusions des partis alliés. Il invite explicitement ces structures à se dissoudre au profit d’adhésions individuelles, une stratégie d’absorption qui vise à homogénéiser le camp pro-Doumbouya.
Les activistes de terrain, zélés et issus des soutiens électoraux variés, assurent une mobilisation de base efficace, ancrant le parti dans le tissu social guinéen.
Alliances stratégiques : un bloc pro-Doumbouya exclusif
Bah Oury pilote des consultations ciblées pour intégrer partis alliés et mouvements citoyens au sein du parti GMD, forgeant un bloc monolithique politique. Cette approche ne conviendrait résolument pas l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, au RPG d’Alpha Condé, ou encore au FNDC –, incompatibles en raison de leur suspension ou de leur hostilité.
L’objectif : un front uni, imperméable aux divisions internes, qui capitalise sur les forces ayant porté la candidature de Doumbouya, sans ouvrir la porte à des compromis hasardeux.
Perspectives législatives : un favori écrasant face à une opposition laminée
Le GMD abordera les législatives en position de force, porté par la marée électorale de décembre (86% des voix), le contrôle des leviers étatiques et une restructuration accélérée. Une majorité absolue semble à portée de main, consolidant le pouvoir exécutif. L’opposition, minée par le boycott du scrutin présidentiel, la répression et l’exil de ses leaders, peine à riposter efficacement.
Ses recours – manifestations, pressions internationales ou actions judiciaires – risquent de rester symboliques face à une machine politique rodée.
Réactions de l’opposition : boycott et contestation, mais sans levier décisif
Les formations comme l’UFDG et le RPG dénoncent un scrutin « verrouillé », avec une opposition muselée par la prison ou l’exil, et appellent au boycott des législatives. Le FNDC, pour sa part, prône un retour à la norme civile sans participation électorale.
Ces voix, affaiblies, misent sur une mobilisation populaire et une vigilance internationale pour contrer l’ascension du GMD, mais leur impact reste incertain dans un paysage politique dominé par le camp présidentiel.
Pivi BILIVOGUI pour JMI
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