Le général Mamadi Doumbouya, président élu, a reconduit Amadou Oury Bah comme Premier ministre par décret du 26 janvier 2026. Installé le 28 janvier au Palais de la Colombe, Bah s’engage à diriger un exécutif aligné sur les priorités stratégiques de Doumbouya : responsabilité, efficacité et sortie définitive de la transition vers une gouvernance durable, sous la Ve République.

Une architecture rationalisée pour plus d’efficacité
Bah pilotera un gouvernement compact de 27 ministères et 2 secrétariats généraux, contre 34-35 auparavant. Des fusions comme Économie-Finances-Budget visent à rationaliser l’administration. La Primature centralisera la coordination, évaluera les performances et portera le programme Simandou 2040, censé transformer l’économie, les institutions et la société. Lors de son investiture, il a promis « une administration modernisée, transparente et performante, en hiérarchisant les priorités pour répondre aux attentes populaires ».

Défis majeurs dans un contexte post-électoral

Les enjeux sont colossaux : lutte contre la corruption, justice sociale, émergence économique et réformes comme la décentralisation via un ministère dédié. La modernisation administrative et la mobilisation de compétences techniques s’imposent, face à des revendications sur l’emploi, les infrastructures, la souveraineté (défense, mines). Politiquement, il s’agit de consolider la Ve République naissante, en gérant oppositions et équilibre régional après les élections de décembre 2025.

Continuité sous haute surveillance

Reconduit depuis mars 2024, Bah bénéficie d’une confiance renouvelée de Doumbouya, mais son autonomie réelle reste à prouver – composition de l’équipe et encadrement des ministres inclus. Dans un pouvoir présidentiel fort, les nominations attendues testeront son leadership, évitant les dysfonctionnements passés.

Le décret, proposé par Bah lui-même, reflète un équilibre négocié : continuité post-investiture du 17 janvier, rationalisation pour efficacité, avec un accent sur la sécurité (Défense, Sécurité) et le développement (Plan, Investissement).

Profil d’un stratège aguerri

Économiste né en 1958 à Pita, formé au Sénégal et en France, Bah est un vétéran de la démocratie guinéenne. Cofondateur de l’OGDH en 1990, fondateur de l’UFDG, emprisonné et exilé sous régimes autoritaires, il incarne les luttes post-Sékou Touré. Son intégrité et son expertise en font un atout pour la refondation nationale.

Espoirs et paris d’une opinion vigilante

L’opinion publique salue la continuité d’un « technicien stratège » qui connaît le pays par cœur, espérant une rigueur anti-corruption et des avancées sur Simandou pour emplois et croissance.

Des figures comme Mamadou Oury Diallo y voient un espoir de libérations de prisonniers politiques ; Abdoulaye Kourouma appelle à un leadership exemplaire et à la justice.

Ce gouvernement compact est un pari audacieux sur la performance, pour une Guinée émergente.

Hussen MORY pour JMI

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