La Guinée organise ses élections législatives et communales le 24 mai 2026, selon l’arrêté n° 2026/012/MATD du 28 février 2026 du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD). Ces scrutins éliront 147 députés à l’Assemblée nationale et des conseillers communaux, sur une carte électorale redéfinie par la Direction nationale de la décentralisation et des collectivités locales (DNDC), sur la base démographique récente (recensement 2024).
Partis autorisés après les dissolutions
Le décret n° D/2026/045/PRG du 6 mars 2026 a dissous 40 partis pour non-conformité à la loi organique n° L/2025/011/AN du 15 novembre 2025, qui impose des obligations strictes (cotisations annuelles minimales de 500 millions GNF, déclarations financières trimestrielles, et activité effective dans au moins 50% des régions).
Parmi les dissous : UFDG (Cellou Dalein Diallo), RPG Arc-en-ciel (héritage d’Alpha Condé), PRP, BAG et PPG. Leurs biens et logos ont été saisis par l’État (article 28 de la loi organique). Seuls les partis en conformité totale – non explicitement listés à ce jour par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) – peuvent concourir, favorisant les formations pro-pouvoir ou nouvelles.
Répartition des sièges et mode de scrutin
Législatives : Système mixte (loi n° L/2025/023/AN du 20 décembre 2025). Un tiers (49 sièges) au scrutin proportionnel de liste nationale (priorité aux femmes et personnes handicapées pour les restes, article 15). Deux tiers (98 sièges) au scrutin uninominal ou plurinominal par circonscription, alloué prorata population (géré par la CENI et autorités locales).
Communales : Scrutin proportionnel par commune (décret n° D/2025/178/MATD), avec listes par arrondissement.
Cotisations, financements et traçabilité
Les cautions filtrent les candidatures (décret n° D/2026/067/PRG du 10 mars 2026) : 300 millions GNF (~30 000 USD) pour listes nationales législatives ; 100 millions GNF pour uninominales/plurinominales ; 35 millions GNF pour listes communales. Plafonds de dépenses : 12 milliards GNF (législatives) et 7 milliards GNF (communales), avec compte bancaire dédié et rapport à la Cour des comptes (loi n° L/2025/045/AN sur le financement politique).
Défis juridiques et logistiques majeurs
La dissolution des 40 partis est contestée devant le Conseil constitutionnel (recours UFDG déposé le 10 mars 2026), accusée de viser un « parti unique » en violation de l’article 13 de la Constitution de 2020 (pluralisme politique).
Les cautions élevées et le délai court (depuis février au lieu de mai initial) limitent l’accès, tandis que la révision cartographique (DNDC, janvier 2026) suscite des soupçons en Moyenne-Guinée. Logistiquement, deux mois restants risquent des retards (stockage de 8 millions de bulletins, formation de 50 000 agents CENI).
Acteurs engagés et perspectives
Aucune liste officielle post-dissolution n’est publiée (CENI, 12 mars 2026), mais la Generation pour la modernité et le developpement,pour le président Mamadi Doumbouya, investi le 10 février 2026) pourrait dominer via le jeu des partis alignés ou de futures alliances de visions.
Fatimata BARRY pour JMI





