La Black History Month, ou Mois de l’histoire des Noirs, est une commémoration annuelle dédiée aux contributions et à l’histoire des personnes d’origine africaine, née aux États-Unis pour contrer l’effacement historique des Afro-Américains. Lancée dans un contexte post-esclavagiste marqué par la ségrégation, elle s’est étendue à d’autres sociétés occidentales, influençant éducation et débats publics.

Origines

Cette initiative remonte à 1915, lorsque l’historien Carter G. Woodson et le pasteur Jesse E. Moorland fondent l’Association for the Study of Negro Life and History (ASNLH), visant à documenter les réalisations des Noirs américains.

En 1926, elle devient la « Negro History Week » durant la deuxième semaine de février, choisie pour coïncider avec les anniversaires d’Abraham Lincoln (12 février) et Frederick Douglass (14 février), figures clés de l’abolitionnisme.

Officialisée en 1976 par le président Gerald Ford comme Black History Month, elle répond à un besoin de visibilité culturelle face aux lois Jim Crow et à l’aliénation post-Reconstruction.

Grandes activités

Les activités incluent conférences, expositions, projections de films et ateliers éducatifs sur des figures comme Woodson ou Douglass, souvent organisés par l’ASALH. Aux États-Unis et au Canada (depuis 1995), écoles et institutions publiques intègrent des programmes scolaires ; au Royaume-Uni (depuis 1987, en octobre), des événements civiques soulignent les apports africains à la civilisation.

En France, une version « Africana » en mai, liée à la loi Taubira de 2001, mobilise associations pour commémorer traite et esclavage, avec débats et festivals

Conséquences sociétales

Dans les sociétés occidentales, elle a favorisé une sensibilisation accrue à l’histoire noire, influençant curricula scolaires et politiques d’inclusion, comme la reconnaissance officielle par Ronald Reagan en 1986. Elle a amplifié les mouvements pour l’égalité, mais suscite aussi des controverses sur une « ségrégation inversée » ou une focalisation victimaire, stimulant débats sur multiculturalisme et identité. Globalement, elle renforce la mémoire collective, promouvant diversité sans effacer tensions raciales persistantes.

Le Black History Month célèbre des figures emblématiques afro-américaines et d’ascendance africaine pour leurs contributions à la lutte pour les droits, les sciences, les arts et la société. Ces personnalités, souvent mises en avant lors d’événements éducatifs en février (États-Unis, Canada) ou octobre (Royaume-Uni), incluent des pionniers historiques et contemporains.

Abolitionnistes et militants

Harriet Tubman (1822-1913), qui guida des centaines d’esclaves vers la liberté via le « chemin de fer clandestin ».

Frederick Douglass (1818-1895), abolitionniste et orateur dont l’autobiographie inspira le mouvement anti-esclavagiste.

Ida B. Wells (1862-1931), journaliste luttant contre les lynchages et cofondatrice de la NAACP �.

Pionnières scientifiques et politiques

Katherine G. Johnson (1918-2020), mathématicienne de la NASA essentielle aux missions Apollo.

Shirley Chisholm (1924-2005), première femme noire élue au Congrès américain et candidate à la présidence en 1972.

Mae Jemison (née en 1956), première astronaute noire en 1992.

Artistes et activistes modernes

Maya Angelou (1928-2014), poétesse et militante des droits civiques auteure de « Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage ».

Oprah Winfrey (née en 1954), magnat des médias et philanthrope influençant la culture populaire.

Ruby Bridges (née en 1954), enfant symbole de la déségrégation scolaire à La Nouvelle-Orléans en 1960.

Ces icônes varient selon les pays mais soulignent des apports durables, favorisant éducation et inclusion.