Panique à Kaloum : le transfert controversé de Toumba Diakité agite les prisons guinéennesLe 9 février 2026, une opération de fouille surprise à la Maison centrale de Conakry a dégénéré, entraînant le transfert express d’Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, vers la prison de Coyah, provoquant tirs et tensions dans le cœur administratif de la capitale.
Les faits chronologiques
Une fouille inopinée le 9 février a permis de saisir téléphones, drogues et armes blanches chez des détenus ; Toumba aurait refusé la fouille, menacé les agents et semé le désordre, selon le Parquet général près la Cour d’appel de Conakry.Ce transfert fait donc suite à cet acte du 9 février 2026, à la Maison centrale de Conakry, au cours de laquelle des objets prohibés ont été saisis : téléphones, armes blanches et substances psychotropes. Des tirs à balle réelle ont retenti à Kaloum le lendemain lors de son extraction par les forces spéciales, bloquant l’accès au centre-ville et semant la panique parmi les riverains. Les détenus de Coronthie ont réagi par une révolte immédiate à l’extraction de Toumba, amplifiant les tensions et nécessitant un déploiement massif sécuritaire.
Transféré le 10 février à Coyah pour « restaurer l’ordre et la sécurité », Toumba, condamné à 10 ans en juillet 2024 pour le massacre du 28 septembre 2009, y purge déjà plus de 8 ans et demi de détention provisoire et effective.
Pourquoi ce transfert ?
Le Parquet justifie cette mesure « légale et appropriée » par le comportement agressif de Toumba, qui menaçait la sécurité de la prison, des détenus et du personnel, dans un contexte de criminalité organisée en détention. Ce déplacement vise à prévenir d’autres incidents après la révolte des codétenus suite à son extraction, transformant un contrôle disciplinaire en crise sécuritaire urbaine.
L’administration pénitentiaire a ordonné ce déplacement pour des raisons de sécurité, visant à préserver l’ordre public, protéger les autres détenus et assurer la sécurité du personnel. Les autorités réaffirment leur détermination à imposer la loi en milieu carcéral, sans préciser l’autorité émettant l’ordre d’extraction.
Réactions des avocats
Le collectif d’avocats dénonce un transfert « arbitraire » sans décision judiciaire, violant le Code de procédure pénale guinéen (articles 1019, 1020, 1113), portant atteinte à la légalité de la détention, au droit de défense et aux recours. Les avocats de Toumba Diakité contestent ce transfert et demandent son retour à Conakry, estimant qu’il manque de base légale. Toumba Diakité a été condamné à 10 ans de prison en juillet 2024 pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009, au stade du 28 septembre de Conakry, qui a fait plus de 150 morts.
Les avocats exigent son retour immédiat à Conakry, un avocat ayant été initialement refoulé avant un entretien apaisé le 9 février.
Situation à Coyah
À la Maison centrale de Coyah, Toumba est détenu depuis le 10 février dans un cadre perçu comme isolant, sans titre légal fondant cette détention selon ses défenseurs, fragilisant ainsi les garanties judiciaires. Cette prison périphérique de Conakry vise à calmer les esprits, mais relance les débats sur la gestion pénitentiaire sous la transition, surtout avec la grâce antérieure de Moussa Dadis Camara. L’affaire souligne les fragilités sécuritaires et procédurales des établissements guinéens.
Rappel biographique
Né en 1968 à Conakry, médecin militaire de formation, il intègre l’armée guinéenne en 1993. Après le coup d’État de décembre 2008, il devient aide de camp de Moussa Dadis Camara, puis chef des Bérets rouges. Impliqué dans la répression du 28 septembre 2009, il s’exile en Gambie puis au Sénégal, pendant sept ans. Il est extradé vers la Guinée en 2022 et jugé la même année.





