Sept adolescentes de Labé, en Moyenne-Guinée, ont été interpellées le week-end du 6-7 février 2026 pour une agression collective violente contre une collégienne.

Qualifié de « lynchage » et de « bastonnade sauvage », l’incident – motivé par une accusation de calomnie – s’est déroulé dans les secteurs de Tata et la forêt de sapins. Filmée et devevenue virale sur les réseaux sociaux, la vidéo montre une violence inouïe : coups et blessures en groupe sur la victime en uniforme kaki, malgré une première intervention de conducteurs de taxi-moto. Interpellées en flagrant délit par la Brigade de Recherche, la police et les services sociaux, elles ont été déférées au Tribunal de Première Instance de Labé.

Faits et suites judiciaires immédiates

Ces sept collégiennes, âgées probablement de 14 à 20 ans, ont roué de coups leur victime, extraite puis poursuivie. Six d’entre elles, jugées majeures, ont été placées sous mandat de dépôt et écrouées à la maison centrale de Labé, dès la nuit du 6 février, en attente de jugement.

La septième, mineure, échappe à l’écrouage mais reste sous contrôle judiciaire. Une réunion de crise à la Direction Préfectorale de l’Éducation (DPE) a réuni la victime – hospitalisée au centre régional – et ses parents. Le Parquet général de Conakry, via le procureur Falilou Doumbouya, insiste sur la responsabilisation des parents défaillants.

Contexte : explosion de la petite délinquance urbaine

Labé, bastion peul du Fouta-Djalon en pleine urbanisation rapide, voit les mineurs gonfler les interpellations – vols à l’arraché, rixes, vandalisme –, selon les rapports sécuritaires régionaux.

Un cocktail de causes : chômage des jeunes à plus de 60% en Moyenne-Guinée, système éducatif défaillant (absentéisme, décrochage), familles déstructurées et influences des bandes et réseaux sociaux. L’érosion des valeurs communautaires traditionnelles pousse les adolescents vers la rue, fragilisant commerçants et riverains face à l’insécurité nocturne.

Réponse judiciaire et mesures adaptées

Le système guinéen privilégie les sanctions éducatives pour mineurs : liberté surveillée avec soutien jusqu’à 18 ans, remise aux parents sous surveillance renforcée, ou placement en centres de rééducation. Un projet national à Conakry, piloté par la Médiation nationale des enfants, propose formations professionnelles et apprentissages métiers.

À Labé, surpeuplée en mineurs, des options locales émergent : médiation familiale avec chefs coutumiers peuls, orientation vers ateliers (agriculture, mécanique) via ONG, programmes CLEF étendus (sensibilisation non-violence, leadership), stages communautaires ou contrats éducatifs.

Recommandations précises : inscription obligatoire en apprentissage (couture, élevage), suivi psychosocial par psychologues et imams, partenariats associatifs pour sports et culture – réduisant la récidive de 30-50% dans des modèles ouest-africains comme au Sénégal.

Enjeux pour la société labéenne

Cette affaire interroge la transition guinéenne : tribunaux pour mineurs sous-équipés, détentions préventives au lieu d’éducation. Sans prévention renforcée – centres jeunesse, implication d’imams et chefs –, elle préfigure une génération perdue, menaçant cohésion sociale et investissements locaux. Bien appliquées, ces mesures pourraient transformer l’incident en opportunité de résilience.

Hussen MORY pour JustinMorel.Info