La Confédération Africaine de Football (CAF) a frappé un grand coup le 28 janvier 2026 en annonçant des sanctions disciplinaires contre le Sénégal et le Maroc, à la suite des incidents qui ont enflammé la finale de la CAN 2025.
Remportée 1-0 par les Lions de la Teranga après prolongations, cette rencontre a dégénéré avec un retrait temporaire sénégalais du terrain suite à un penalty controversé, une invasion marocaine de la zone VAR, des gestes provocateurs comme le vol de serviette, et des débordements de supporters (lasers, violences).
Ces mesures, équilibrées en apparence mais hautement controversées, s’appuient sur les articles 82 et 83 du Code disciplinaire de la CAF, qui sanctionnent les manquements au fair-play et à l’intégrité sportive. Elles visent à restaurer l’ordre sans miner l’essentiel du tournoi, dans un contexte où les rivalités maghrébines et ouest-africaines menacent l’unité continentale.
Les peines sénégalaises : sévérité sans annulation du titre. La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) écope de la plus lourde addition : une amende cumulée de 515 000 à 615 000 USD, motivée par les violences de supporters et les fautes collectives.
Pape Thiaw, figure clé, est suspendu pour cinq matchs CAF et condamné à une amende de 100 000 USD ; Iliman Ndiaye et Ismaïla Sarr écopent chacun de deux matchs pour avoir pris à partie l’arbitre. Ces sanctions, applicables dès mars prochain pour les qualifications à la CAN 2027, épargnent heureusement le titre durement conquis.
Au Sénégal, le soulagement domine malgré la rudesse des peines – Ousmane Kane, porte-parole de la FSF, les qualifie d' »équilibrées » –, mais l’absence de Thiaw pèsera lourd dans la course au doublé.Le Maroc sous le feu : frustration et appel imminent.
Du côté marocain: la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) doit débourser 315 000 USD au total, pour les ramasseurs de balles fautifs, l’invasion de la VAR et les lasers des supporters.
Ismaël Saibari est suspendu trois matchs et amendé de 100 000 USD pour le geste de la serviette ; Achraf Hakimi, capitaine emblématique, prend deux matchs dont un avec sursis.
La réclamation marocaine pour une défaite sénégalaise sur tapis vert a été balayée d’un revers de main par la CAF. La frustration est palpable au Maroc, où un appel est d’ores et déjà annoncé : les sanctions sont vues comme disproportionnées, ravivant les clivages entre Maghreb et Afrique de l’Ouest dans un football continental déjà fracturé.
Un équilibre salvateur pour la CAF, mais des leçons pour l’avenir. En refusant les recours extrêmes – annulation du titre sénégalais ou retraits de points –, la CAF préserve la légitimité sportive de la CAN 2025 et évite une crise diplomatique ouverte.
Les sanctions n’impactent pas non plus la Coupe du Monde 2026 (USA/Canada/Mexique), laissant le Maroc préparer sereinement son rendez-vous avec Hakimi quasi-intact.
Analysé à l’aune des tensions régionales, ce verdict renforce le règlement disciplinaire pour la CAN 2027, imposant une vigilance accrue sur le fair-play. Il ouvre la voie à une diplomatie sportive panafricaine, où le Sénégal, champion en titre, et le Maroc, puissance montante, devront canaliser leurs rivalités, pour un football plus uni.
Kerfalla KOUROUMA pour JMI
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