Mes Textes Syliphone

Mes Textes Syliphone

JE VOUS PRESENTE ICI UNE PARTIE DES COMMENTAIRES QUE J’AI ECRITS SUR LES POCHETTES DES DISQUES SYLIPHONE DE 1974 A 1984.

Ils pourraient servir aux passionnés de culture africaine,juste pour le plaisir de l’info, ou peut-etre  aux jeunes animateurs de radio, pour mieux comprendre la musique guinéenne.

Voici la liste complète des disques Syliphone que j’ai commentés:

SLP 49 DISCOTHEQUE 75 / SYLI AUTHENTIQUE, DJOLI BAND, HOROYA BAND, BOIRO BAND, CAMAYENNE SOFA SLP 50 SPECIAL X-EME FESTIVAL NATIONAL [C] / BAFING, CAMAYENNE SOFA, et (1976) SLP 51KANKAN DANS LE VENT / 22 BAND SLP 52 LE PERCEE / CAMAYENNE SOFAS (1976) SLP 53 LES VIRTUOSES DIABATE SLP 54 MUSIQUE SANS PAROLES / VARIOUS ARTISTS (1976) SLP 55 LE RETOUR / KELETIGUI ET SES TAMBOURINIS (1976) SLP 56 A GRANDS PAS / CAMAYENNE SOFAS (1976) SLP 57 DANS L’ARENE / SYLI AUTHENTIC (1976) SLP 58 EN SUPER FORME / SUPER BOIRO BAND (1976) SLP 59 LE DEFI / BEMBEYA JAZZ NATIONAL (1976) SLP 60 ATTAQUE / CAMAYENNE SOFAS SLP 61 LA CONTINUITE / BEMBEYA JAZZ NATIONAL (1977) SLP 62 L’ARCHANGE DU MANDING / KADE DIAWARA SLP 63 PRE-FESTIVAL LAGOS 77 : « LE RENDEZ-VOUS DES ORCHESTRES » (1977) / TELE JAZZ, SIMANDOU JAZZ, SORSORNET RYTHME, NIMBA JAZZ SLP 64 REGARD SUR LE PASSE / BEMBEYA JAZZ NATIONAL (1977) SLP 65 SPECIAL RECUEIL-SOUVENIR DU BEMBEYA JAZZ NATIONAL (MEMOIRE DE ABOUBACAR DEMBA CAMARA) (1977) SLP 66 DISCOTHEQUE 76  / SUPER LION, BEMBEYA JAZZ NATIONAL SLP 67 VENEZ VOIR !!.. / 22 BAND (1978) SLP 68 MANKAN / 22 BAND SLP 69 MINERAL MUSICAL / SOMBORY DE FRIA (1978) SLP 70 STYLE SAVANE / TROPICAL DJOLI BAND DE FARANAH (1978) SLP 71 GON BIA BIA / LE NIMBA DE NZEREKORE (1979) SLP 72 LA CONFIANCE / LE SIMANDOU (1979) SLP 73 LES PALMES DU SUCCESS / LE PALM JAZZ DE MAGENTA (1979) SLP 74 LA FETE AU FOUTAH / TELE-JAZZ DE TELEMELE (1980) SLP 75 OBJECTIF PERFECTION / BALLADINS (1980) SLP 76 AU COEUR DE PARIS / LES AMAZONES DE GUINEE SLP 77 SONS DE LA SAVANNE / SONA DIABATE SLP 78 LA ROSSIGNOL DE GUINEE / M’MAH SYLLA (1985)SYL 575 Soleils posthumes, Chants inédits /Sory Kandia Kouyaté

Déjà BEMBEYA JAZZ NATIONAL, LES AMAZONES DE GUINEE, SOMBORY JAZZ DE FRIA, SUPER BOIRO, NIMBA JAZZ DE NZEREKORE, PRE-FESTAC 77, CAMAYENNE SOFA, PALM-JAZZ, TELE-JAZZ, SORY KANDIA KOUYATE,KELETIGUI ET SES TAMBOURINIS, SONT LÀ ET  BEAUCOUP D’AUTRES ARRIVENT…

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BEMBEYA JAZZ NATIONAL

On avait tout dit de Bembeya. En bien comme en mal . Mais plutôt en mal qu’en bien. Bembeya pourtant sut garder le silence. Dans le sérieux, il fouina avec fougue tous les coins et recoins du patrimoine national. Le défi ? il le connaissait : Demba mort, Bembeya Jazz était désormais un cadavre tout juste bon pour le cimetière. Pour beaucoup donc c’était bien les funérailles. Mais voilà que trois ans après le drame de Dakar c’est le fulgurant come back !

Le retour de BEMBEYA, c’est le bouquet d’un florilège moissonné dans le jardin de la vie qui est victoire sur la mort !

Le retour de BEMBEYA, c’est le retour vengeur de cette pléiade de virtuoses enivrant de musique , fringants de vitalité et pimpants de communicabilité .

Le retour de BEMBEYA, c’est une prise capitale qui en dit long sur les intentions de cette formation revenue de loin et décidée à gagner sur le repos éternel de Aboubacar Demba Camara « le Dragon de la chanson africaine », le pari du progrés, serment d’honneur fait au chevet du géant disparu .

Le retour de Bembeya, c’est la mélodie enchanteresse, c’est le rythme ensorceleur disant la vie comme Temtemba Demba, c’est une accolade frémissante d’affection, une poignée chaleureuse de joie donnée au triomphe .

Le retour de BEMBEYA , c’est le geste du triomphe qui ouvre les bras et le cœur pour tendre la couronne et les palmes à BEMBEYA et renouer avec le champion qui jamais ne cessera de gagner .

Le retour de BEMBEYA c’est tout simplement le triomphe de BEMBEYA .

LES NOUVEAUX DE BEMBEYA :

Moussa Toure : chanteur-animateur, une voix acidulée qui use de prouesses faramineuses. Un style vocal qui tient du nez de la poitrine, avec une flamme d’agressivité scénique, c’est la nouvelle bête de spectacle de Bembeya .
Mory Kouyate 1 : chanteur-animateur, une voix efficace qui flirte avec Demba pour retrouver enfin sa plénitude personnelle. On peut encore s’attendre à des surprises agréables
Mory Kouyate 2 : guitare basse, c’est l’ancien soliste de Beyla aux doigtés variés et animés. Il court sur ses cordes avec une aisance désopilante .
M’Bady Soumah : sax alto et soprano, ancien musicien du Kaloum Star. Une tonalité limpide rendue par une réelle connaissance instrumentale. Il apporte aux œuvres de Bembeya une nouvelle dimension .

C’est avec ces nouveaux que Bembeya nous revient dans une ambiance de confiance .
Justin Morel Junior

– Face A

N’KANUWE – 6’28 : Moussa Touré au vocal solo présente tout l’orchestre avec un bagou séduisant. Une composition donnée dans un élan gymnique extraordinaire. Sékou Bembeya à la guitare solo et Mory Condé Mangalan à la batterie dialoguent chaudement.Sautillant.

N’LANYÖ – 5’51 : c ‘est l’histiore d’une amitié qui finit par le mariage de la jeune de aimée … à un autre .
C’est le chant de consolation de l’amoureux malheureux. Majestueuse introduction des cuivres et sentimental solo de guitare contrepointé de percussions endiablées.

TOURE – 7’25  » Ahmed Sékou Touré, tu es honnête, tu es bon, tu es celui qu’il faut au peuple de Guinée « . Attention au trombone il produit un effet de sympathique couac à l’introduction .

Face B

MUSSOFING – 4’53 :  » Femme noire, ta nostalgie me torture « . Profond message sentimental rendu par une guitare basse laborieuse, celle de Mory Kouyaté 2 .

DYA DYA – 6’57 : « jeunes évitons l’alcool , fuyons la débauche , faisons la chasse à la délinquance’’. Ce chant fustige la dépravation juvénile, bâti sur le rythme « pousse – pousse  » des cymbales cravachées avec fureur , des chanteurs emportés Ashken KABA surgit dans un éblouissant solo de trombone .

SINA MOSSO – 9’08 : ce chant raconte les méfaits de la polygamie.Une femme jalouse de sa co-épouse en grossesse souhaite qu’elle avorte. elle consulte un marabout qui lui demande argent et mouton pour réaliser son vœu. Elle se rend nuitamment dans une bergerie. Une vipère la mord et elle meurt. Bêtement. Sa co-épouse enfante après tout. Cet enfant s’appelera Ballakè. Ballakè un chant qui fit succès et qui s’arrache encore le pavois des palmarès internationaux .

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LES AMAZONES DE GUINEE SLP 76

Les Amazones! Un patronyme qui nous donne rendez-vous avec l’histoire africaine .

Les musiciennes Guinéennes en le choisissant ont voulu ouvrir les portes de la mémoire du temps pour qu’en sortent plus vivants que jamais et l’image et le message des braves guerrières du Roi Béhanzin du Dahomey (actuel Bénin) : le don de soi pour les nobles causes que sont la liberté, l’égalité et la paix .

Etre plus qu’un exemple et devenir le symbole de l’émancipation de la femme africaine, c’est l’ambition qui anime les Amazones de Guinée depuis 1961.Vingt-deux ans de musique ! Un bout de temps qui mérite d’être raconté aux mélomanes du monde entier à l’occasion de la sortie du premier disque de l’orchestre et de sa première tournée en France sur l’invitation de l’Amicale des Ressortissants Guinéens en France.

L’histoire des Amazones n’est pas faite de dentelles roses. Les musiciennes l’ont tissée point par point au carrefour des volontés et des passions, au dépassement des complexes et des obstacles ; elles l’ont structurée au fil du temps, l’ont ravigotée à la rencontre d’évènements politiques et culturels malgré les surprises fatales du destin avec la mort de certaines d’entres elles.

L’histoire des Amazones prend racine dans l’histoire de la Guinée indépendante de 1958 qui amplifie le combat de la liberté, de l’égalité des sexes, de la justice social tout court. Ainsi, la femme guinéenne jusqu’alors esclave de son mari, lui-même esclave du colon blanc, rompt ses chaînes et veut retrouver à la sueur de son front sa place dans la nouvelle société.

Décastiser l’art, promouvoir une mentalité nouvelle et laisser la femme de Guinée s’assumer et s’épanouir librement dans tous les domaines de la vie, tel est l’esprit qui enfante en 1961 « l’Orchestre Féminin de la Gendarmerie Nationale  » qui deviendra plus tard les « Amazones de Guinée ». Elles commencent avec des mandolines, bongos, congas , violons, violoncelles, contrebasses, etc. Avec ces instruments accoustiques, elles élaborent déjà une musique simple aérée et agréable. Chantent joyeusement des titres exhortant les femmes africaines à se libérer de leurs fardeaux de complexes hérités des systèmes coutumier et féodal. Les chansons « Femmes d’Afrique », « Limania », « Vive les femmes africaines « , « P.D.G », etc…, ont ainsi longtemps chatouillé les oreilles des mélomanes africains.

En 1965, les Amazones procèdent à la modernisation de leur orchestre, intègrent aisément des guitares électriques, des saxophones ténor et alto et même une trompette! Elles n’oublient pas surtout la batterie de jazz. Armées de ces nouveaux instruments, elles s’en vont en guerre contre le paternalisme facile de certains hommes et l’indifférence arrogante de quelques femmes. A coups de patience, de constance, et d’endurance les Amazones réussissent avec panache et punch à gagner les cœurs des plus sceptiques .

Grâce à une discipline remarquable et surtout une musique de bon aloi, elles s’affirment géniales au travail et admirables de caractère. Inévitablement, les grandes tournées commencent : Dakar, Dar-Es-Salam, Freetown, Bangui, Monrovia, Kinshassa, etc.
Partout, les Amazones font écumer les foules. Le désir frise l’hystérie. La manne sonore qu’elles distribuent comble de bonheur les spectacteurs. Les chants dansés et les danses chantées qu’elles offrent en exclusivité sont d’une entraînante chorégraphie .

Pendant plus d’une décennie, les Amazones triomphent en groupe musical homogène alors qu’ailleurs en Afrique, les expériences du genre échouent. Au Festac 77 à Lagos, les musiciennes guinéennes se révèlent au monde comme des identités remarquables. Les saxophonistes fulminent en solos volupteux, les guitaristes distillent avec maestria des notes mélodieuses et les rythmiciennes dans leur « va-tout » éclaboussent de leur talent le beau public cosmopolite réuni sur le sol négérian.

Une sorte de communion solennelle de la diaspora « afro. ». Ineffable.

Depuis le Festac 77, les « Amazones  » sont indubitablement devenues les artistes africaines les plus sollicitées. Elles font rarement un mois en Guinée et ont même visité certains pays plus de cinq fois .

Les Amazones connaissent pratiquement toute l’Afrique: Maroc, Tanzanie, Algérie, Niger, Nigéria , Zaïre , Haute Volta, Sénégal , Côte d’Ivoire sont parmi leur principales escales . En 1979, l’orchestre franchit pour la première fois l’Antlantique et va à l’assaut culturel du vieux monde: L’Europe . Coup de froude

Elles font l’événement au Festival Horizon 79 à Berlin-Ouest. Le maire de la ville séduit, les reçoit à déjeuner pour les féliciter de vive voix.

Devant l’éclat de leurs talents, les mélomanes ne trichent pas. Ils crient leur bonheur et proclament les « Amazones  » « Les Déesses de la musique Aficaine « .

Depuis la gloire n’a plus quitté les « Amazones « . Les tournées se succèdent. Enfin, voici Paris! Les « Amazones » en France visitent aussi Lille , Bordeaux , Le Havre , Toulouse , Lyon , Marseille et confirment leur réputation internationale de « Tigresses des planches  » en des spectacles de haut voltage.

Ce disque restitue l’ambiance amazoniaque vécue par les spectateurs parisiens au Théâtre de la Mutualité le 6 Avril 1983, au cœur même de Paris .

Un disque exceptionnel dont nous gratifie la nouvelle société guinéenne du disque « Enimas « , à la pointe du renouveau de la musique guinéenne, avec l’aimable participation des établissements Bolibana à Paris.Vingt –deux ans après . C’est vraiment comme si tout commençait maintenant .

Justin Morel Junior
– Face A
Introduction
1) Samba (5’36)
La truculente et burlesque vie d’un homme qui ne sait pas ce qu’il veut et où il va. Solides arrangements des « Amazones  » avec des éclats de sax ténor propulsés par une trépidante musique. Superbe chant de Sonia Diabaté.

2)Tayesala (6’00)
« Que s’éteignent les lumières !
Que s’allume le feu de l’amour
Qui calcine les faux désirs
Et assouvit les cœurs amoureux.  »
Salématou Diallo avec calme et charme plaque des accords frénétiques sur sa guitare basse.

3) Soungouroun Baya :(6’15)
« Dans ta jeunesse ma sœur
Evite les mauvaises humeurs
N’écoute que ton cœur
Ne vois que ton bonheur
De toi, on dira mille choses
Si, sur la vérité tu reposes
Ta vie sera toujours de rose’’.
Mah Sylla se livre à « cœur perdu » en solo vocal. Admirable souplesse ! Des guitares à la joie contagieuse !

– Face B
1) Salimou : (6’33)
L’histoire vraie d’un alcoolique qui se chantait dans ses délires :
« Quand je prends ma bouteille !
Je n’ai vraiment rien de pareil !’’
Les « Amazones  » reprennent la mélodie , changent les paroles et partent en guerre contre la drogue et l’alcool.
Paroles :
« Celui qui choisit l’alcool ,
S’engage sur une route folle. »
Mah Sylla la nouvelle chanteuse des « Amazones « joue avec sa voix de façon impressionnante.

2) P.D.G: (3’56)
Dédicace de reconnaissance au parti libérateur de la Guinée, le P.D.G qui enseigne: « Le premier de la femme c’est son travail  »
La reine des « Amazones » Nyépou Habas est éblouissante à la guitare solo.

3) I Tele Ke : ( 5’46 )

L’homme qui veut marquer l’histoire nous dit le chant , doit marquer son temps . Marquer son temps de façon positive , c’est le gage de l’éternité
Zénab Bah , très lyrique sax ténor
4) Sona : 5’27.

Quand l’amour d’une femme conduit un homme à la mort. Balakè, l’innocent fiancé de Sona est accusé d’homicide volontaire par un colon « flambeur » aveuglé par sa libido et qui, pour jouir impunément de la pucelle conduit son préféré à la mort . Mais la mort ne peut tuer l’amour véritable. Sentimentale Nyépou Habas à la guitare solo. Kanko Camara chante avec tout son cœur.
J.M.J

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SOMBORY DE FRIA SLP69

 » Minerai musical « 

Des mines à la musique, c’est le trajet quotidien de ces ouvriers de l’usine d’alumine de Fria, région située à quelque 150 km de conakry. Pour ces ouvriers qui deviennent musiciens à leur temps libre, la musique est réellement une mine à exploiter. Comme la bauxite qu’ils travailent, ils savent concasser le  » minerai musical  » et lui faire subir toutes les transformations nécessaires. Dans ce disque pourtant, vous n’entendrez pas les bruits ravageurs des bulldozers, des pelles ou autres engrenages mécaniques, il y a dans ce disque, une force tranquille qui vous gagnera. Amicalement .
Justin Morel Junior

FACE A

1) N’kolea : Chant d’allégresse .Atmosphère de virevoltante gaieté. Instrumentation laborieuse. Un chanteur présent et bouillant. Un bassiste solide au jeu audacieux.

2) Kuma : La parole est d’argent et le silence d’or dit-on bien souvent. Mais ce n’est pas toujours vrai car certains silences sont coupables. C’est pourquoi on doit parler.
« Quand je ris, on croit que je me moque, quand je parle, on dit que j’ai mauvais caractère.
Que faire ? me taire ? non ! non !
Dans ce monde, le qu’en dira-t-on est notre premier épouvantail. »

3)Montre : C’est le « yancady « . Élégante danse de la Guinée maritime. Au gré de la brise marine, avec le parfum des fleurs tropicales, les corps se balencent, les mains claquent et les pieds trépigent. Avec grâce et fantaisie. Ce chant dit entre autres choses :
 » mets ta montre à l’heure, pour être pontuelle au rendez-vous, mon amour « .

FACE B

1) Décidé : Quand on aime un chef, il faut être décidé, prêt à tout. Surtout à bien agir pour réaliser ses pensées visionnaires. Trompette sourdinée avec effet clignotant .

2) Mankountoun : La réputation est agréable. La popularité est exaltante mais exigente. A signaler une chanteuse pleine d’avenir.
Son prénom : Aïcha .

3) Dyanfa : C’est la terrible complainte de l’amoureux déçu, déconfit, déboussolé, trahi.

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SUPER BOIRO BAND SUPER FORME EN FORME – SLP58

Il était une fois, dans une contrée, des artistes dont on disait que la musique était trop brute, trop brutale. Avisés, ils se concertèrent , consultèrent les grands sorciers du son, puis, répétèrent.

A la stupéfaction générale , le mystère opéra . Les phalanges plus inspirées, les voix mieux accordées , l’esprit plus réconforté , ils firent la satisfaction de tout le monde .

Ils jouèrent ensemble longtemps et eurent beaucoup , beaucoup de succès .

Cette anecdote ressemble étrangement à l’histoire de Super Boiro, cette formation que beaucoup au départ ignoraient , négligeaient ou arrosaient méchamment d’anathèmes .

Mais aujourd’hui , qu’en est-il de tout cela ?

Evitant les frasques , les musiciens ont discipliné leur jeu grâce au Séminaire National de solfégétisation organisé en 1974 à Conakry .
Ils ont ainsi acquis en plus de l’expérience artistique , la science musicale . Musique de case et musique de cour s’épousent dans un mariage conforté de voix étoilées, de cordes étincelantes, de peaux crépitantes et de cuivres vitriolés . Les compositions de ce 30 cm sont un véritablement déferlement sonore .

Ecoutez-les, entendez-les, tel le ressac ravageur d’une mer en furie. Super Boiro dans ce disque propose une nouvelle expression artistique, le coup d’envoi d’un nouveau style.
Juché sur l’estrade de ses responsabilités, Mamadou Niaissa le Chef, admire le nouveau panorama cossu . Et dans un halo de fierté, il jubile et se confie : « Super Boiro est en Super Forme « . Après tout lorsque vous dégusterez ces plats musicaux , vous saurez qu’il était bien utile de connaître ceux qui vous ont offert avec abnégation ce rendez-vous du beau, du bon et du bien.
Justin Morel Junior


Face A
Somono – 7’09 : Louange aux pêcheurs. Chant de reconnaissance pour la qualité de leur contribution à la vie de la société. Doigté émotionnel de Mamady Kouyaté l’organiste.

Gumbe – 4’00 : Sérénade sentimentale que l’on chante pour la créature favorite . Ce chant est aussi une danse. Des pétérades de la tumba taquinées par la guitare solo .

Nanibaly – 6’45 : Ce chant dit :

 » Quand une femme est belle
Elle porte sur les ailes
De son coeur plusieurs êtres
Qui veulent avec elle paraître
Pour aujourd’hui , pour la vie. « 

Barika – 5’32 : Polyphonie et harmonie conjuguent pour saluer l’oeuvre du PDG. Rythme pousse-pousse. Le batteur multiplie les vitesses.

Face B
Samba – 5’25 : Des vagues sonores houleuses. Musique sans paroles qui retient de bout en bout sur la piste .

Khamulan Na – 6’55 : « Si ça ne peut pas marcher dis le moi , jeune fille de teint clair « . Les duperies sentimentales de celles qui promettent aujourd’hui mariage et demain voyage vers d’autres amours . A force d’attendre , de supporter éclate la révolte.

Sakonke – 6’22 : L’histoire déchirante de deux amoureux qui vont se quitter. Ambiance folklorique restituée avec virtuosité. Des mélodies glanées ici et là et cuisinées à plus de 100°C.

Sambassa – 4’20 : Sana, M’Bemba, Santiba c’est la troïka vocale du Super Boiro complice dans le bon travail. Ils chantent leur sincère unité.

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LE NIMBA DE N’ZÉRÉKORÉSLP 71
« Gön bia bia »

Ce disque est une page d’ethnologie .
Il retrace des moments d’initiation. L’initiation dans la société traditionnelle le passage de l’enfance-adolescence à la maturité, à l’âge de la responsabilité.

« L’initiation est comprise comme un ensemble de pratiques visant à communiquer à l’individu des connaissances nécessaires à sa bonne intégration dans la société. C’est en somme tout le patrimoine moral du groupe qui est transmis à l’occasion de l’initiation « 

« Gon Bia Bia « , le titre essentiel de ce disque , célèbre le départ pour le camp iniatique.

Le mérite des musiciens du Nimba de la ville de N’Zérékoré, est d’avoir su transporter avec fidélité les sonorités forestières : ces voix éraillées , ces rythmes téléphonés, ces trompes tiercées qui reproduisent une attachante ambiance forestière. A l’issue de l’écoute de ces chants , on ne peut plus douter des dires du chef d’orchestre du Nimba, Samaké Namakan : » les mystères de la forêt peuvent être maîtrisés en musique. « .
Justin Morel Junior

Face A
Gön Bia Bia : ce chant raconte le départ pour le camp d’initiation. Les souffleurs brillent, les guitaristes pétillent. Beau dialogue stéréo des souffleurs. Intervention souveraine du Ténor Koui Bamba. Réchauffant !

Kori Magnin : littéralement : « la fatigue est dangereuse « . Dans le sens profond il s’agit ici de « dénuement « .
La guitare solo se déchaîne et crie sa révolte en notes enflamées .

Ziko : appel chant téléphoné et répondu avec passion.

Face B
Babaninko : c’est le morceau fétiche de l’orchestre. Repris avec chaleur, couleur et saveur, c’est le chant de sortie du camp d’initiation. Succulent dialogue des ventistes. Voix cassées. Rythmes découpés. Mélodies épicées.

Kongoroko: La forêt resplendissante, ensoleillée. La forêt secrète, mystérieuse. La forêt qui pense et danse! Rythme tenace et musique rapace.C’est la forêt sacrée.

Zoo Mousso : Chant de reconnaissance, de retrouvailles et de réjouissance .

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PRE-FESTIVAL LAGOS 77
« LE RENDEZ-VOUS DES ORCHESTRES  »
SLP63
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Des tam- tams qui crachent des sons à des vitesses étourdissantes dans leur tourbillon rythmique des corps qu’ils balancent très haut pour les relâcher dans un secptacle de beauté indescriptible, sous les crépitements enthousiastes d’un public à tous les coups conquis. C’est la fête, la grande fête : le FESTIVAL.

Il commence dans les villages, grandiose, puis cresccendo, il atteint l’apothéose à Conakry au Palais du Peuple.

De tous les horizons du pays, après les sélections de la quizaine artistique, les heureux élus débarquent à Conakry, la capitale, le cœur gors de satisfaction mais surtout d’ambition – alors, sur la scène- soleil du Palais du Peuple, dans les permanences de la ville, ou au Stade du 28 septembre vont s’engager, impétueuses et colorées, intéressantes et passionnantes, les joutes fraternelles. Ainsi, du 18 au 28 novembre 1976, les artistes guinéens ont animé le XIe festival national ou le PRÉ – FESTIVAL DE LAGOS. Recherces, rénovation, réhabitation, voilà les idées- force qui ont guidé leurs pas, à la poursuite de l’épanouissement total de l’homme africain et de l’éclosion complète de ses valeurs de culture.

A ce grand rendez- vous le Nimba Jazz de N’Zérékoré, le Télé de Télimélé, le Sorsornet Rythme de Boké, le Bafing-Jazz de Mamou, le Simandou de Beyla et le Manden-Könö de Siguiri, sont des orchestres qui ont agréablement étonné. Ils ont offert des morceaux chauds et beaux du terroir.

Avec une vitalité débordante, une authenticité importante.
Comme introduction au Festival de Lagos c’était tout simplement extraordinaire.

JUSTIN MOREL JUNIOR

FACE A

1. SENSENKO 9’40’’ – télé jazz
2. BOUNIKA 4’20’’ simandou jazz

FACE B

1 EN TOUT CAS … 9’20’’ sorsornet rythme
2 BABANIKO – 10’20’’ nimba jazz
Prise de son : MOUSSA KONATE

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Camayenne Sofa SLP 56
« A grands pas « 

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C’est le deuxième 30 cm de Camayenne Sofa. Des plages musicales ensoleillées! Un orchestre en floraison aux talents éclatants. Le fil narratif des chants est doré. Les jeunes chantent au présent de l’indicatif des titres bien ficelés. Des escapades rythmiques et des voluptés mélodiques. Une musique vibrante. Un disque nourissant.
Un 33 tours en musicolor.
Justin Morel Junior

Face A:

Soukou:
Chant de liberté et d’unité. Le Camayenne Sofa exulte. C’est la ronde de la fraternité à laquelle nous sommes tous conviés. Chaloub Riab frétille en solo à l’harmonica.

Wayakangaï:
Une complainte sentimentale. Les doigts fluides de François Béavogui à l’orgue électronique sortent des notes climatisées. Le rythme suit doucement. Gentiment très sugestif.

Kini Kini:
C’est la rengaine de l’amoureux solitaire, nostalgique et piteux. Arrangements saccadés. Guitares chicotées.

Sofa Diaraby :
«On ne peut aimer les Sofas pour rien ».En sympathiques litanies les chanteurs égrènent les noms de tous les musiciens. Musique simple. Paroles sincères. La tumba de Morciré Camara crépite et les Sofas jouent à coeur-joie.

Kadija:
«Le symbole de la femme idéale. sans égale. belle et sage». Ce chant malien d’origine, a été arrangé avec la force des sentiments de vingt ans. La guitare solo de Jeannot scintille de phrases instrumentales richement colorées.

Face B:

Kögnö Koura :
Les promesses d’amour. Les mots de tous les jours qui deviennet ceux de toujours. En Guinée tous les mariages sont «consacrés» par ce chant. Une orchestration pleine. Une musique intense. Mamady Camara au vocal roucoule. Sublime. Un recueil. Une grande Nation c’est aussi le bonheur pour chaque couple.

Dia Doni :
Le bonheur du Peuple, de sa jeunesse. Un morceau joué à 200 à l’heure! Des rythmes étourdissants, puissants, entraînants. Imaginez des guerriers victorieux dansant leurs succès. Zézé au solo vocal.

Labhante :
«Etre honnête, travailler pour son pays, rien de plus beau.».Un chant patriotique pathétique.

M’Badenu:
«Artisans, paysans, étudiants, travaillons! Seul le travail libère. Transformons le monde par notre travail.». Pierre Koïvogui à la batterie est fracassant.

Tonzoni : Un titre de choc! Une introduction lente, des rythmes violents qui vous envahissent et vous emportent très loin dans le Wassoulou en plein Manding, à la recherche de la «chose secrète» confiée aux Camayenne Sofas. Pour vous y aider, rien de telle que cette fureur musicale!
Justin Morel Junior

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Le Palm-Jazz de Macenta SLP 73
« Les palmes du succès « 

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En matière de musique, les nouveaux ensembles suscitent toujours le mouvement. Mouvement de réprobation ou de satisfaction. Un coup d’essai peut être un coup de maître.

Mais les bulles sont souvent trop nombreuses. Les nouveaux sont donc condamnés à réussir pour ne pas mourir.

Le Palm-Jazz de Macenta est un nouveau venu dans le monde du disque mais, il n’est pas de la dernière pluie. Il existe depuis plus d’une décennie et s’il n’est qu’a son premier 30 cm, il a déjà plusieurs fois figuré en bonne place dans le palmarès national.

Pour s’être longtemps tressé les palmes du succès national, le Palm- Jazz de Macenta a le souffle suffisant pour sa grande sortie internationale. Souhaitons-lui bonne chance!
Justin Morel Junior

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Télé-Jazz de Télimélé
« La Fête au Foutah »
SLP 74

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Il y a près d’une décennie, le poète Léonard Sainville, impresionné par l’exemple guinéen écrivait :  » L’indépendance Guinéenne a remis en honneur ce qu’on appelle « folklore, « c’est- à-dire la musique, la danse, la littérature orale de caractère satirique, épique ou dramatique. Tout ce qui ressort de la veine populaire, de laquelle émergent un jour belles lettres et beaux arts, a pris dans cette contrée de l’ouest africain un nouveau départ, et se montre d’une extrême fécondité. « 

La floraison explosive de jeunes talents de nos jours, l’atteste toujours à souhait. Les origines du succés sont dans les racines populaires. L’artiste guinéen vit intensément toutes les manifestations culturelles qui ponctuent la vie du Peuple.

Le Télé- jazz de la ville de télimélé dans « La Fête au Foutah » tente tout simplement de restituer la chaude atmosphère des veillées populaires peules. Ici, les verbes danser et écouter se conjugent obligatoirement à la première personne du pluriel de l’indicatif présent.

                                                                               Justin Morel Junior

FACE A
MIDHO FALAAMA
BEERE MODYA
KO TOOLI
FACE B
DYARAMA
DYAMAA
MI LUMBAY DYOONI
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Sory Kandia Kouyaté SYL 575

Soleils posthumes, Chants inédits

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La vie est décidément faite de paradoxes. Dimanche, 25 décembre 1977, tandis que la monde fête la naissance de Jésus Chirst, la mort frappe terriblement un grand fils du peuple de Guinée, alors que notre Peuple goûtait encore au triomphe du Hafia, triple champion d’Afrique. Comment oublier l’atroce association ?

Les heures de bonheur englouties précipitammant par les pleurs des horreurs de la mort, cette épée de Damoclès, la mort, ce sort qui, souvent à tort, frappe ici et là des innocents: n’importe quand, n’importe où, n’importe qui, c’est elle qui, subitement et violemment, nous retire le célèbre Artiste du Peuple Sory Kandia Kouyaté.

Une crise cardiaque terrasse le géant de la chanson africaine, rentré à peine de Coyah à 50 km de Conakry, où en ce 25 de décembre, l’ensemble instrumental et choral de « la Voix de la Révolution  » dont il était le directeur général s’était produit. C’est à l’hopital de Donka, à Conakry qu’il rend l’âme à 4h 05 GMT devant ses camarades artistes de l’ensemble, stupéfiés et rendus incrédules par la « fulgurance » du malheur.

Kandia mort ! ils ne pouvaient pas le croire, ils ne voulaient pas le croire, eux qui, il y à seulement 2h le voyaient faire frémir la foule de mélomanes, chantant avec une sublime majesté l’épopée du mandingue. C’était hélas, le chant de cygne du grand héraut.

Le Peuple de Guinée est réveillé par la tragique nouvelle en cette journée de Noël. Le père de la Nation, le président Ahmed Sékou Touré en personne, informe son Peuple, L’Afrique et le Monde.

Il déclare que le 25 décembre sera un jour de deuil national avec le drapeau en berne. Le monde entier est informé, attristé, bouleversé.
Un géant vient de tomber. L’humanité entière s’incline devant Kandia. En Guinée des funérailles nationales sont organisées. Dans le monde toutes les stations de Radio-Télévision consacrent des émissions spéciales. L’hommage est universel.

Je le revois, ce musicien au doigté senible et aux notes profondes et directes qui, de sa voix et de ses doigts, transperçerait le cœur de ce public cosmopolite. Véritable aède, Kandia est ce vaste miroir où reflètent avec réalité ces héroïques chevauchées des grands combattants médiévaux, ces tumulteuses et sanglantes et batailles des guerriers de la résistance à la pénétration coloniale, cette hargne des soldats de la liberté qui, dans le maquis, armes en mains mettent le feu aux derniers bastions coloniaux.

Ambassadeur de la culture de notre continent, il a, pliés dans sa valise artistique, les messages d’amitié et de solidarité des Peuples d’Afrique aux autres Peuples du Monde.

Après Lagos, Kandia et l’Ensemble sont au mois de Mai 77 en Haute-Volta. La dernière sortie continentale. Kandia meurt à 44 ans, au printemps même de sa vie. A 44 ans comme l’histoire de ce quidam justicier qu’il chante dans « Kedo ». Médaillé d’honneur du Travail Commandeur de l’ordre National à titre posthume. Toute sa vie, Kandia a été un artiste de combat: lecombat du bien contre le mal, de la vérité contre le mensonge, de la liberté contre l’esclavage.

Un clin d’œil sur notre siècle et nous voyons que son combat est loin de finir. Kandia ne meurt pas, il demeure le symbole de cette lutte. Séchons nos larmes, prenons les armes. Continuons le combat ! Son combat !Notre combat !
Justin Morel Junior

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KELETIGUI ET SES TAMBOURINIS SLP 55

LE RETOUR

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La régie nationale Syliphone avait annoncé sur la pochette du 45/tours SYL que  » Kélétigui et ses Tambourinis  » travaillent sur un grand volume (33/tours) dont l’intérêt serait une innovation jamais entendue dans la musique africaine : des duos avec en fond sonore une chorale féminine d’accompagnement. Malheureusement, engagés dans une longue tournée à travers l’Ouest-africain en compagnie du grand ténor Kouyate Sory Kandia, aux Tambourinis a manqué le temps matériel de réaliser cet ambitieux projet, qui exige le recrutement d’une chorale, des répétitions, d’une part avec l’orchestre, et d’autre part avec les chanteuses.

Il faut signaler à leurs innombrables admirateurs, que Kélétigui et ses Tambourinis ont été ces derniers temps, beaucoup sollicités à l’intérieur comme à l’extérieur de la Guinée.
A Conakry, c’est la formation commise d’office à l’accompagnement de toutes les grandes vedettes africaines et étrangères qui viennent se produire au Palais du Peuple, ce centre culturel incandescent de l’authenticité africaine, considéré sur le continent comme un temple de consécration.

Les ’’Tambourinis’’ ont fait à travers la Guinée une longue tournée en compagnie de Vicky Blain, vedette gambienne très connue. Avec Franklin Boukaka, les Tambourinis, après plusieurs exhibitions au Palais du Peuple, ont produit deux 45/tours.

Les éditions Syliphone ont déjà publié deux grands volumes de la vedettes internationale Kouyaté Sory Kandia sur des partitions exécutées par « Kèlètigui et ses Tambourinis ». Comme on le voit, cette formation doit faire face à de nombreux et incessants engagements.

Ce 33/tours, « Ambiance-Tambourinis « , juxtapose cependant les plus belles et les plus excitantes adaptations et compositions de ce grand orchestre. On juge généralement un bon ensenble de musique de danse et de concert à l’audition des spécimens de genres de musique qu’il produits, l’analyse des aspects spécifiques de la musique pratiquée, et l’on s’assure de la qualité d’exécution, de l’authenticité, dans le sens conforme au progrès, dans la continuité historique. A ce compte et dans le concert des orchestres africains, Kèlètigui et ses Tambourinis seront sûrement parmi les plus cotés.

Ambiance-Tambourinis offre à apprécier une collection originale de musique de danse, en accord avec les mots d’ordre d’authenticité africaine et de retour aux danses et rythmes africains, mots d’ordre lancés derniérement en République de Guinée.

Pour un public qui piaffait d’impatience et attendait avec anxiété des nouveautés, Kèlètigui et ses Tambourinis sont revenus pleins de grâce et de panache. Après une éclipse prolongée que d’aucuns n’ont pas hésité à taxer d’écluse, les doyens sont là ! Transfigurés.

Resplendissants. Rajeunis. Qu’ont-ils fait dans l’espace de leur fugue. Ils ont travaillé. Laborieusement. Ce 33 tours en est la preuve magistrale. Quand des doyens coltinent, ils le font toujours avec la force de l’âge, avec toutes réserves physiques et intellectuelles qu’ils possédent.

Concients que depuis quelques temps le public les boudait, inquiets mais pas fâchés, ils ont cherché le remède. Une potion magique. Peut-être pas.
Il fallait du sang neuf.

Pas comme de vieux vins dans de nouvelles outres.
Comme le poète, ils se sont dit :

‘’ Etre jeune c’est rester proche des sources de la vie, pouvoir se dresser et secouer les chaînes des chemins battus, être jeune c’est oser ce que d’autres n’ont pas le courage d’entreprendre; le courage de la jeunesse c’est l’esprit du  » meurs et deviens », la notion de la mort et de la renaissance’’.

Les Tambourinis ont osé et ils sont aujourd’hui récompensés. Quand ils se produisent maintenant, le public magnétisé accourt et eux, gentiment distribuent leur manne sonore.

Après brimades et boutades, c’est la fatale réconciliation. Un spectacle frémissant de chauds sentiments.

Pour réaliser le coup d’éclat que constitue 30cm, avec une admirable maestria,Kèlètigui Traoré a intégré de nouveaux éléments venus des formations orchestrales de l’intérieur du pays.
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