Dans la soirée d’hier  lundi, le Président de la République a pris un décret repoussant les élections législatives de deux semaines. À rappeler qu’elles étaient fixées pour le 16 février prochain par la CENI (Commission électorale nationale indépendante) qui, constatant assez de manquements, avait récemment adressé un recours à la Cour constitutionnelle pour proroger la date du 16 février.

À cela s’ajoute la pression des religieux qui ont expressément demandé au chef de l’État de repousser ces élections et renoncer  au référendum pour éviter le chaos face à la montée de la violence dans le pays. Ils avaient dans le même cadre demandé courant  de la semaine dernière au FNDC (Front national pour la défense de la constitution) qui entend défendre vaille que vaille la constitution en vigueur, de surseoir à toutes formes de manifestation, ce qui a abouti à une trêve d’une semaine aux dires des membres du Front.
Au lendemain de ce décret nous avons tendu notre micro à quelques citoyens pour tenter  de recueillir leurs avis sur la situation qui prévaut.
Pour les uns, le président de la République a répondu favorablement  à la demande des religieux et pour d’autres,  il n’a fait que reculer pour mieux sauter, en lui donnant l’intention de coupler les législatives et le référendum. Alpha Bah, ingénieur en activité à l’usine RUSSAL : « Il était condamné à le faire, car c’est lui qui a sollicité l’implication des religieux dans la crise. C’est une bonne chose au nom de la paix, mais mieux  serait qu’il accepte la vraie demande qui consiste à renoncer au référendum », déclare t – il.
Dans la même logique Ousmane Camara, taxi – maître soutient : 《Rien n’est assez pour la paix. J’aurais souhaité d’ailleurs qu’il renonce par la même occasion au changement de notre constitution et je sais que lui-même il sait qu’il vieux et que le pays à besoin de la démocratie. 》
Si certains trouvent ce décret d’une grande portée pour d’autres c’est une simple stratégie pour prendre le peuple de Guinée au dépourvu, afin de coupler les législatives et le référendum.
Alseny Sylla, chômeur et membre actif du FNDC à Fria : 《Nous n’allons pas nous distraire avec ce décret. Le décret qui nous désarmera est celui dans lequel le président de la République renoncera solennellement au référendum constitutionnel. C’est n’est que le début de la médiation des religieux donc attendons de voir la suite car l’homme est imprévisible. 》
Et à Amadou Diallo, commerçant de renchérir :《il se croit malin en faisant semblant d’écouter les sages, alors que c’est lui et la CENI qui ont décidé de repousser pour ajouter le référendum. Mais ça ne marchera pas dans ce pays là maintenant et c’est pour tout ce qui seront présidents ici.》
En dépit de tous ces commentaires, il faudra retenir que, ces derniers temps, la situation sociopolitique du pays est préoccupante et que, toutes les composantes de la nation ont intérêt à privilégier le dialogue constructif pour préserver la paix.
Aliou BAH pour JMI
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