Voici arrivée une seconde jeunesse pour le système de santé guinéen. En effet, après les succès remportés par le pays au cours des années 90, dans la mise en œuvre en œuvre des soins de santé primaires, à travers l’Initiative de Bamako, période durant laquelle la plupart des indicateurs de santé étaient à la hausse, le pays a connu ces dix dernières années une baisse inexplicable de tous ces indicateurs suite à une conjonction de facteurs, parmi lesquels la survenue de l’épidémie de la maladie à virus Ebola.

Conscient des enjeux que représente la nécessité d’assurer une couverture sanitaire universelle, le pays vient d’élaborer une politique nationale de santé communautaire, dont la mise en œuvre a démarré en 2018 et se poursuit harmonieusement.

Il s’agit de renforcer les communautés dans leur rôle d’acteurs majeurs dans la réalisation des activités de santé. Il est question ici de mobiliser les acteurs communautaires représentés par les relais communautaires (RECO) au nombre de 19.000, supervisés par les agents de santé communautaires (ASC), au nombre de 1.900.

Ces deux types d’acteurs constituent les agents communautaires qui rentrent dans le vaste processus de déploiement de deux millions d’agents communautaires pour toute l’Afrique, conformément aux engagements pris par les Chefs d’Etat à Addis Ababa en 2017.

Où en sommes-nous ?

En Guinée l’entité d’opérationnalisation de la santé communautaire est la commune. A ce jour 40 communes mettent effectivement en œuvre la santé communautaire, 83 autres sont dans le processus de mise en œuvre. Ainsi, d’ici fin 2019, 123 communes sur les 342 que compte le pays seront couvertes. L’objectif à atteindre, est bien sûr, la couverture de tout le pays.

Dispositifs favorables à la mise en œuvre de la santé communautaire.

A l’image du choix d’une politique de décentralisation et la collaboration santé/décentralisation qui avait permis la réussite des soins de santé primaires dans les années 90 en Guinée, l’espoir est permis pour ce second souffle grâce à la mise en place des structures autonomes de développement représentées par les communes.

Les dispositifs permettant à ces entités d’assurer et assumer leurs problèmes de développement sont : le code révisé des collectivités qui a fait l’objet d’une loi à l’Assemblée nationale dénommée : LOI L/2017/040 du 26 mai 2017 promulguée le 28 juillet 2017, loi qui à travers ses articles 27, 28 et 29 consacre le transfert effectif de 14 compétences aux communes parmi lesquelles la compétence « santé » ; la mise en place de l’ANAFIC qui constitue le créneau pour le financement de ces compétences transférées aux communes ; la dotation de l’ANAFIC des ressources constituées par 15% des revenus miniers pour lui permettre d’assurer pleinement son rôle de structure de financement des activités de développement des communes.

C’est grâce à ces engagements forts de l’Etat que la plupart des partenaires techniques et financiers du Ministère de la santé s’engagent progressivement à accompagner le pays dans la mise en œuvre de la santé communautaire qui permet d’apporter le plus près possible des populations les services dont elles ont besoin en matière de santé. La couverture sanitaire universelle est à ce prix.

Momo SOUMAH pour JMI

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Photo : Au premier plan à gauche, Dr Facinet Yattara, Directeur national de la Santé Communautaire de la République de Guinée

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