Au hasard d’une soirée animée par le Groupe African Groove de Maître Barry, nous découvrons la bassiste Adama Noëlle Oularé. Agée de 35 ans, professeure de musique, cette dame fait preuve de dextérité avec son instrument.

Probablement, l’une des rares musiciennes dans ce registre en Guinée. Raison pour laquelle, nous l’avons invitée à un brin de causette.

Thierno Saidou DIAKITE: Comment es- tu venue à la musique, et surtout à la guitare ?

Adama Noëlle Oularéje suis venue à la musique à partir du concours d’accès aux institutions d’enseignement supérieur sans oublier que mon feu père était musicien saxophoniste et évoluait dans l’orchestre « KIEBENDO JAZZ » de Guéckédou. Et quant à la guitare, c’est à l’Institut Supérieur des Arts de Guinée (ISAG) où j’ai été orientée que j’ai commencé à recevoir les premiers cours.

En 2008, par le canal du guitariste Alsény DIOUBATE, j’ai intégré l’orchestre « LES DAUPHINES » de guinée en apprenant la Guitare basse. De là, j’ai commencé à me spécialiser en guitare sinon, mon option c’est la composition-arrangement (piano). 

Thierno Saidou DIAKITE: Tes parents n’y ont pas fait obstacle ? 

Adama Noëlle Oularé: Pas du tout, étant issue d’une famille de musiciens. Ils vu d’un bon œil l’orientation que j’avais prise par rapport à mes études universitaires. 

Thierno Saidou DIAKITE: Diplôme universitaire en théorie musicale en poche, et au jourd’hui mariée, comment tu concilies ta profession avec le foyer ?

Adama Noëlle Oularé:  Il est peut être très difficile de concilier le foyer et ce travail, mais l’un n’exclut pas l’autre. On peut être marié et bien faire de la musique. Tout dépend du respect de soi, de son conjoint et de la bonne gestion du foyer conjugal

Thierno Saidou DIAKITE: Dans tes activités pédagogiques, est ce que tu sens de l’intérêt pour la musique chez tes étudiants ?

Adama Noëlle Oularé:Je suis d’abord enseignante de profession et j’enseigne la musique avec fierté et art et c’est ce qui fait que mes étudiants apprécient mes cours.

Thierno Saidou DIAKITE: Parles-nous de ta carrière musicale ?

Adama Noëlle Oularé:Ma carrière musicale a commencé dès lors que j’ai été orientée en A partir de 2005, nous avons créé notre premier orchestre tradi-moderne du nom de « PHOLOSOPHIE COOLIENNE » qui n’était composé que d’étudiants. J’ai évolué dans cet ensemble musical en qualité de deuxième chanteuse. En 2008, j’ai intégré l’orchestre les dauphines en qualité de bassiste jusqu’en 2012. Par la suite :

Mission d’enseignement en musique des fidèles chrétiens de l’église Néo-Apostolique de Guinée à Kissidougou en qualité de formatrice en juillet 2009.

  • Projet de transcription et notation cyclique (SIKLIK) des musiques traditionnelles par Docteur Janice HAWORTH 2010
  • Membre du projet sur la recherche sur la musique de la basse Guinée (Kindia et Forécariah) sous le numéro de référence 004/sous la Direction de Docteur Janice HAWORTH, spécialiste en Education musicale de nationalité Américaine en Mission d’enseignement à l’Institut Supérieur des Arts de Guinée en tant que Chef de mission en mars 2012 appui par une attestation.
  • Mission d’enseignement en musique (pratique piano des enfants blancs en 2013.
  • En 2015, Formation dans l’orchestre des amazones de Guinée et membre en tant que pianiste.
  • A partir de 2018 jusqu’à nos jours j’évolue dans l’orchestre « AFRICAN GROOVE » de maître BARRY.

Thierno Saidou DIAKITE: – tu des projets ?

Adama Noëlle Oularé:Mes projets sont les suivants :

  • – relever l’orchestre KEBENDO JAZZ de Guéckédou qui est un projet laissé par mon feu père;
  • – créer un orchestre composé uniquement que par des enseignants de musique en Guinée;
  • – renouveler l’orchestre les Dauphines de Guinée.

Thierno Saidou DIAKITE: Quelle vision tu as de la musique guinéenne ?

Adama Noëlle Oularé: Si nous prenons par le passé au niveau du Bembeya jazz national et de Sory Kandia KOUYATE, voici des artistes qui ont marqué énormément la musique africaine, la musique mondiale et c’étaient des guinéens. La vision que nous avons aujourd’hui de la musique guinéenne c’est que c’est une musique qui progresse énormément et arrive à s’accoutumer avec d’autres tendances venues d’ailleurs. La nouvelle génération de musiciens s’informe et essaie d’évoluer et de faire mieux que les prédécesseurs, ce qui est très difficile, parce que ces derniers étaient authentiques et très originaux dans leur esprit créatif sans comparaison.

Vu la mondialisation, les artistes d’aujourd’hui essaient de s’adapter à ce qui se passe dans le monde. Mais ce qui très encourageant c’est que vraiment ils font beaucoup d’effort et font de la très bonne musique. A partir de là, notre mission en tant que musiciens professionnels, est d’encourager les jeunes à s’intéresser à la musique et à jouer dans les ensembles orchestraux pour une relève bien assurée. Donc, ma vision de la musique guinéenne est optimiste, je me dis que ce n’est qu’un début et que ça ira très loin.

Thierno Saidou DIAKITE: Tu évolues actuellement dans le Groupe African Groove de Maître Barry. Peut-on avoir tes appréciations de ce chef d’orchestre ?

Adama Noëlle Oularé:Maître BARRY est une référence car, en lui je vois mon défunt père. Il mérite un grand soutien de l’ensemble des acteurs qui évoluent dans le domaine des arts et de la culture. Son orchestre est une école en ce sens où la formation des jeunes est une priorité.

Thierno Saidou DIAKITE: Un message aux filles qui veulent embrasser la carrière de musicienne

Adama Noëlle Oularé: Mon message à toutes ces sœurs qui veulent faire de la musique, je leur dirai d’abord de savoir ce qu’elles veulent. Est-ce que réellement elles veulent faire de la musique? Est ce qu’elles veulent vraiment passer leur vie dans la musique? Si oui, je leur dirai de redoubler d’effort, de travailler tous les jours et de ne pas sombrer dans la facilité féminine. Dans le milieu des arts, celui qui travaille c’est celui-là qui est récompensé homme comme femme. De ce fait, je leur demanderais d’être courageuses et surtout d’être obstinées dans ce qu’elles font et de s’adonner corps et âme à ce boulot. Les arts appartiennent à tout le monde. Ce n’est pas pour les hommes seulement.

Propos recueillis par Thierno Saidou DIAKITE pour JMI

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