D’entrée de jeu, notre interlocuteur a déclaré qu’il pense que ce n’est plus un secret pour personne, « le viol est devenu récurrent dans notre pays ». Puis il détaille : « En 2015, on avait une fréquence de 10% de nos consultations en gynécologie. Aujourd’hui en 2019, nous sommes à presque 50% de nos consultations. Autrement dit, sur 10 malades examinés par jour, au moins 5 sont victimes d’agressions sexuelles, ce vous appelez viol …».

Selon lui, on assiste à une recrudescence de violences sexuelles dans le pays. Avant d’ajouter : « de façon brute, en 1 an, on a à peu près 600 à 700 cas de viols. Et aujourd’hui, nous comptons de janvier au mois de juin, plus de 300 personnes victimes de violences sexuelles ».

Sur la même lancée, le médecin légiste a également précisé que : « mais le plus grave, c’est que 90% de ces filles victimes de violences sexuelles ont moins de 10 ans. Il s’agit des filles mineures et c’est ça qui est plus inquiétant dans notre pays aujourd’hui ».

Evoquant le cas des traitements au sein de son service concernant les agressions sexuelles sur mineures, notre interviewé a souligné que cela dépend de l’état dans lequel ces filles sont admises dans le service. ‘’Depuis un certain temps, nous avons mis en place un protocole systématique pour la prévention des infections liées au VIH’… Nous avons trouvé que certaines filles qui sont violées de façon récurrente sont souvent malheureusement, infectées par le VIH », a dit le Pr Hassane Bah.

Désormais, un protocole de prévention est mis en place, lorsqu’il s’agit des viols collectifs, systématiquement un protocole à base de l’ARV pour réduire l’infection au VIH est activé.

« A part cela, les filles qui sont violées avec des lésions comme des déchirures, des fistules, elles sont prises en charge au niveau du service de chirurgie, elles sont opérées et traitées chirurgicalement », a mentionné le chef de service de la médecine légale de la CHU d’Ignace Deen.

Il a conclu en ces termes : « Je pense que c’est un phénomène qu’il faut prendre très au sérieux et il faudrait l’implication de l’autorité en premier lieu parce qu’en fait, pour punir ces auteurs d’agressions sexuelles conformément aux dispositions du code pénal qu’il faudrait que ces auteurs soient punis et ensuite je crois qu’il faut surveiller les enfants à la maison, sur le chemin de l’école et à l’école ».

 

Propos recueillis par Oumar KEITA et Léon KOLIE pour JMI  

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