Nous commencions notre atterrissage sur Nouakchott ce dimanche 5/05/2019, vers 14h, mais, voilà que subitement, Air France remet les gaz, tandis que le commandant de bord, après un effet Larsen (un phénomène physique de rétroaction acoustique involontaire observé dès les débuts de la téléphonie et décrit par le physicien danois Søren Larsen), nous annonce que notre aéronef connaît des difficultés techniques, et qu’il va donc effectuer un contrôle, et nous revenir (informer ?) dès que possible.
Pendant ce temps, assis juste derrière moi, un passager qui ne comprend le français du pilote, me demande ce qui se passe et ce que dit l’équipage.  Je lui réponds qu’ on a une panne. Alors, il écarquille les yeux, ouvre largement la bouche, il semble paniquer… Je lui demande de prier Allah,  pour qu’il nous protège.
Mais à son tour, une vieille dame analphabète, plus craintive que lui, veut se rassurer à ses côtés, en l’interpellant dans une de nos langues nationales. Informée, elle promet de « l’aider dans ses prières ». L’avion continue de tourner en rond, remettant les gaz, où les relâchant…!
Nous survolons Nouakchott, Silence total dans l’avion. Durant 22 longues minutes… Entre ciel et terre, chacun se remet à qui, il croit. Insupportable. Les images de la catastrophe d’Ethiopian Airlines et son Boeing Max8, envahissent ma tête  je les contre avec avec des pensées positives…
Certains suffoquent mais se maîtrisent, d’autres continuent à papoter comme pour chasser la frayeur qui s’installe. Les enfants, rient, crient… L’équipage se mure dans la discrétion, mais, aux mines faussement sereines des hôtesses, l’on imagine, malgré tout, que quelque chose coince…
Soudain, le commandant de bord nous revient, et parle de « problème technique portant sur des vérifications de reprises de gaz »,... Et d’ajouter que « cela se fait souvent »... il se veut rassurant, avant de nous annoncer que nous allons pouvoir enfin, atterrir !!!  Ouf!!!
L’avion se déleste de la plupart  de ses passagers à Nouakchott. Les passagers mauritaniens sont heureux de rejoindre leur ville, où le soleil,la poussière et l’humidité  les attendent. Les Guinéens et les autres
eux, devront encore patienter, et ruminer pour beaucoup, certainement la  plus grande peur de leur vie.
Mais l’aventure est loin de finir… Difficile de repartir de Nouakchott, car les hôtesses nous annoncent qu’il y a un passager qui manque à l’appel. Vérifications sur vérifications. Les hôtesses sont strictes: chacun à sa place, selon les numéros attribués depuis Paris. Contrôle des bagages,  questions de sécurité  .. Ça bavarde.  Un passager à haute voix, propose que « chacun reprenne son ses bagages. » On en rit.
Vers 15h 48mn, le commandant de bord reprend le micro et confirme que toutes les vérifications sont faites, et que « nous allons pouvoir repartir pour Conakry, pour un vol d’1h30, où la température est de 28°C ». Pas de nettoyage de l’aéronef à Nouakchott, ici les questions sécuritaires ont prévalu. De mon siège 43J, de mon hublot, j’aperçois une partie de l’aéroport mauritanien que je flashe en souvenir.
16h 05, départ en douceur de Nouakchott malgré la chaleur… Nous soupirons d’un bonheur contenu.
Atterrissage en douceur à Conakry, à 17h30.
Bravo à l’équipage !
Nous nous souviendrons longtemps encore ce vol.
Justin MOREL Junior pour JMI
JMI Copyright © JustinMorel.Info 

Comments

comments