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Alors que l’année 2018 s’est éteinte, mais les sous dédiés aux médias ne sont pas encore visibles en terre malienne. Est-ce à dire que le 4ème pouvoir a été oublié tandis que la situation est décantée en Guinée ?

Ces dernières semaines, l’arène médiatique était mouvementée avec le non paiement de la subvention dédiée à la presse nationale. Sauf que le problème n’est pas singulier à la Guinée.

Au Mali voisin, la question est encore d’actualité alors que du côté de Conakry, le ministre des finances a pris les dispositions nécessaires à la fin du mois de Janvier 2019. Au lieu d’une conférence de presse, les confrères maliens ont porté cette préoccupation majeure au Chef de l’Etat malien son Excellence IBK, à l’occasion des vœux du nouvel an, où la presse malienne estime que son entourage est pour beaucoup dans la rétention des fonds alloués par la Presse malienne.

Traditionnellement, le pactole dédié aux médias maliens tombe avant la fin du mois de décembre. Sauf que cette fois, la corporation semble raser les murs, vu la façon dont les sous ont pris du temps. Au nom de l’engagement de la presse pour la consolidation de la démocratie malienne, le Président Alpha Oumar Konaré avait instauré l’aide à la presse. Ligne de conduite suivie par tous ses successeurs jusqu’au second mandat d’IBK qui vient à peine de commencer.

De 1996 à maintenant, les professionnels de la presse au Mali ont bénéficié d’une cagnotte de 300 millions CFA chaque année, pour faire face à certaines difficultés dans l’exercice de leur métier. Si la presse espérait avoir un nouveau souffle, vu les promesses des nouvelles autorités depuis les cérémonies de vœux du nouvel an 2014, rien n’a vraiment bougé après la fin du dernier mandat présidentiel.

Les professionnels des médias ont fini par déchanter car le montant est revu à la baisse de plus en plus. De 300 millions, l’aide passe à 75 millions environ au titre de l’année 2018. Une Baisse drastique et continuelle au fil des ans, hélas !

Pourtant, le Président IBK  avait promis de revoir à la hausse le montant de l’aide et de l’indexer au budget de l’Etat, afin que les patrons de presse puissent appliquer la convention collective de la presse, qui n’est pas prête de sortir les placards. Autrement dit, une promesse de campagne non tenue, surtout qu’il a un Premier Ministre issu de la corporation. C’est un secret de polichinelle que Soumeylou Boubeye Maiga a été l’une des figures de proue de la coopérative DJAMANA, qui a lancé depuis les années 90, son journal connu de tous.

Comment comprendre donc que la presse soit dans des conditions de travail mitigées, surtout que rien n’a été fait pour ses actions durant les élections présidentielles ? Que des miettes envoyées çà et là pour un scrutin, où les confrères ont été regardants sur les éléments de langage,  afin de ne pas jouer au fait partisan.

Dire que le Sénégal qui s’apprête à vivre son élection présidentielle n’a pas moins de 500 millions CFa, côté aide à la presse !

Préférant jouer fair-play, les confrères n’ont pas digéré que la couverture médiatique de la dernière élection soit attribuée à l’agence de communication ivoirienne VOODOO, alors que plusieurs locaux de la corporation pouvaient assumer ce rôle. Ce ne sont pas les faîtières qui manquent en la matière ! Pire, quand c’est un confrère qui se retrouve être à la Cellule communication de la Présidence, en plus qu’il soit le jeune frère du Premier Ministre ! Pourtant, certains de ses prédécesseurs qui ne sont pas du corps étaient plus accessibles et conséquents en matière d’incidences financières pour la presse nationale.

Dans tout Etat moderne, la presse reste l’un des piliers de la démocratie d’où, entre autres, le statut de 4ème  pouvoir. Les autorités sont censées « aider la presse à les aider » surtout qu’une démocratie se mesure en jaugeant sa presse. D’ici là, elle reste le parent pauvre du régime, malgré  qu’IBK avait maintenu lors des vœux de 2018 que l’assistance pécuniaire de la Présidence n’a pas été rompue par son administration : » il avait même promis tirer cette affaire au clair ».

Pour l’heure les actes n’ont pas suivi la parole et l’aide à la presse n’est pas encore tombée !

 

Idrissa KEITA pour JMI

Correspondant particulier de JMI au Mali

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