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La caducité de l’Accord d’Alger a conduit les Nations unies à bander les muscles. Après autant de violations de droits humains, sont-elles en mesure d’agir, après un voyage cautionné des mouvements armés à son siège depuis New York ?

En septembre 2017 soit plus de 5 mois, le Conseil de sécurité des Nations unies votait la résolution 2374 sur un régime de sanctions au Mali. Une décision applaudie en son temps, qui visait à sévir contre ceux qui entravent le processus de paix et de réconciliation.

Nous sommes en 2018 et quasiment au moins de février, sans que les lignes ne bougent. Pire, on peut estimer que le contenu dissuasif a dégagé des complaisances dans la décision de l’organe onusien.

Tout d’abord, la visite des ex-rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui devrait être refusée. De surcroît quand c’est une ONG, précisément, Independant Diplomat qui est à la manœuvre. Situation qui a irrité une grande partie de l’opinion nationale, avec en tête le Président de la République. IBK a d’ailleurs dénoncé des “comportements parallèles” qui ont conduit la Minusma à se désengager.

Le temps donne finalement raison aux observateurs avisés qui avaient indiqué que le régime des sanctions n’était qu’un texte taillé sur mesure contre un groupe armé au nord. Il devient de plus en plus clair que le GATIA est le bouc émissaire de ce deal de dupes.

Depuis sa ratification, il y a plus de deux ans, l’Accord censé pacifier le Mali est désormais caduque.

De constants blocages dans sa mise en œuvre ont vu le jour avec création de nouveaux mouvements voulant prendre part au « juteux » Comité de Suivi de l’Accord. Si on parle de l’interdiction de voyager ou du gel des avoirs dans le régime des sanctions, on peut constater que les déplacements à l’étranger restent l’exercice préféré des leaders armés de la région du Nord. Ce qui leur permet de multiplier les sorties médiatiques à travers le monde, et de justifier la prise des armes contre la mère patrie.

De Septembre 2017 à maintenant, assez d’eau a coulé sous les ponts. La semaine dernière, un drame est survenu le jeudi 25 janvier 2018, à 5 km dans la localité malienne de Boni à Mopti. Une attaque terroriste qui a conduit le président malien à annuler son voyage sur Addis-Abeba pour le sommet de l’UA. Ibrahim Boubacar Keita, s’est rendu sur les lieux au niveau du cercle de Douentza. Une situation d’impunité qui a fini par avoir raison des populations du Centre.

C’est dire que lorsque l’ONU qui aurait dû agir bien avant 2018, se permet de menacer de sanctions, on ne peut que soupirer. Le Mali est loin d’être sorti de cette « impasse », disons ce labyrinthe avec les complicités silencieuses au sein de cette même communauté internationale, qui n’a nullement la posologie indiquée.

Une sortie de crise en l’état, doit passer à une revue de l’Accord d’Alger, car chacun est désormais convaincu d’une chose : il n’est plus d’actualité.

Idrissa KEITA pour JMI

Correspondant particulier de JMI au Mali

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