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Me Jean Alfred Mathos , le leader de l’Union pour le Progrès de Guinée (UPG) de feu Jean-Marie Doré, accorde cette semaine une interview exclusive au cours de la quelle, le notaire qu il est,  s’est largement exprimé  sur certains sujets pertinents de la cité notamment, les élections communales prévues le 4 février 2018,l’ethocentrisme, le leadership, etc.

Justinmorel.info : Dites-nous comment se porte aujourd’hui  votre parti, l’UPG ?

Me Jean Alfred Mathos : L’UPG se porte bien parce que nous avons déjà des hommes et des femmes qui composent ses structures. Ils se sont dit qu’ils ne veulent pas être à la merci de l’historique des autres partis, quand  le leader disparaît …et le parti s’affaiblit. Donc, grâce au congrès qu’on a organisé en 2016, nous avons pu remettre ses centres par rapport à ses dispositions pratiques pour faire revivre le parti. Aujourd’hui, l’occasion est  de leur donner  une victoire au compte de ces  élections communales, dans le but de mesurer le poids que représente vraiment l’UPG dans la scène politique guinéenne.

Justinmorel.info : Aujourd’hui vous êtes  confronté  aux élections communales du 4 février 2018. Dites-nous quelle est votre stratégie pour obtenir le maximum de conseillers urbains et ruraux  au niveau des communes où votre formation politique a misé ?

Me Jean Alfred Mathos : Dans la stratégie que nous adoptons, nous essayons de faire des approches intelligentes. En ce sens que nous allons appuyer nos forces là où nous sentons que nous avons notre fief. Nous avons un fief à Lola, nous avons un fief à Nzérékoré, j’ai fait une tournée où j’ai pu avoir une idée représentative> L’UPG est présente dans 9 communes rurales et dans 3 communes urbaines. C’est à Lola, Nzérékoré et tant d’autres préfectures que nous sommes en alliance avec l’UFR. Notre stratégie,  ce n’est pas la prétention de prendre le territoire national. Nous sommes en train de voir dans quelle mesure, où nous avons déjà des délégués spéciaux, afin de les conforter dans leur position. Et surtout, l’UPG veut profiter de ces élections là pour étendre un peu le panorama de ses militants. Cela nous permettra de faire la différence entre les électeurs et les militants. Nous allons aider les électeurs à l’issue de ce scrutin quelque soient les résultats. Nous souhaitons créer vraiment un socle immuable des militants de l’UPG.

Je vous lance un scoop: je suis candidat à Ratoma dans la liste de l’UFR, où je suis deuxième sur la liste. Et ça, beaucoup m’ont demandé pourquoi le président d’un parti vient dans les élections de proximité. Je me dis que c’est là où l’école se fait politiquement, et que je suis citoyen de Ratoma depuis 20 ans.

A cet effet, je pense apporter ma pierre a l’édification d’une cité modèle qui est Ratoma. Il ne faut pas le cacher, c’est la cité la plus périphérique de toutes les communes de Guinée. Que ceux qui se disent grands partis qui se partagent la ville de Conakry, je leur dis que moi, je suis un ‘’Conakryka’’ et en tant que tel, je souhaiterais que Ratoma soit à l’image des autres villes de l’Afrique de l’Ouest comme Abidjan et Dakar.

Justinmorel.info : Combien de listes votre parti a-t-il déposé?

Me Jean Alfred Mathos : Nous avons déposés 12 listes répartis dans 9 communes rurales et 3 communes urbaines, en alliance avec l’UFR. Donc, nous comptons sur ces listes-là, pour essayer d’avoir un substratum de conseillers communaux et ruraux. Dans notre stratégie électorale nous permettra de préparer les législatives et ensuite les présidentielles.

Justinmorel.info : Est-ce-que vous avez pris en compte le quota des candidatures féminines ?

Me Jean Alfred Mathos : Oui, la loi l’impose à 30% de quota  féminin. Mais en mieux, nous avons comme stratégie, de toucher les couches les plus défavorisées, les jeunes et les femmes, les plus nombreuses qu’il faut approcher dans le parti. Une manière de vous dire que ce que femme veut, Dieu le veut!!  Je pense que les femmes sont des éléments incontournables dans un parti. Elles ont toute une dynamique pour fortifier un parti politique. Je profite de l’occasion pour saluer Makalé Traoré qui a une ONG qui soutient la candidature des femmes qui fait en sorte que les femmes ne soient pas en reste. Rappelons que 30% déjà, la loi l’impose et  notre conviction est d’aider les femmes et les jeunes à obtenir plus…

Justinmorel.info : Avez-vous une femme comme tête de liste ?

Me Jean Alfred Mathos : Non, on n’a pas une femme comme tête de liste, mais ça viendra quand nous irons pour les prochaines élections législatives sur la liste nationale. La présidente des femmes de l’UPG et sa fille sont bien placées dans la liste de l’UFR à Matoto.

Justinmorel.info : La désignation de votre tête de liste à Lola aurait provoqué des contestations énormes. Quelle est votre part de vérité? 

Me Jean Alfred Mathos : On appelle ça les primaires, c’est une question de leadership. Dans les grands partis, il y a toujours deux ou trois personnes qui prétendent être les mieux placées pour faire gagner le parti. Nous, au bureau politique, nous essayons d’avoir déjà des critères d’élimination. Le délégué spécial qui est en poste, c’est lui en priori qui est le premier candidat sur la liste. Mais, nous disons toujours à tous ceux qui veulent être candidats sur la liste qu’il faut respecter trois critères: la loyauté au parti, la disponibilité et l’engagement. Ces trois éléments doivent être soutenus par une force de frappe parce, qu’on ne peut pas être candidat pour être candidat. Il faut d’abord avoir un leadership humain. Ces primaires ont été organisés à Lola, il y a un ancien de l’UPG qui est venu avec « une autre idée », comme disait feu Jean-Marie Doré, moi je ne suis pas venu pour soustraire, je suis venu pour additionner. Venez renforcer l’équipe, quand les conseillers communaux seront élus, on désignera alors le maire de la ville. En attendant, nous ne tirons pas  de balle dans le pied et n’en donnons pas l’occasion à nos adversaires par rapport à nos colères, pour pouvoir gagner notre électorat.

Donc après, toutes ces querelles intestines, nous avons enterré la hache de guerre. Et, Ils se sont mis à l’œuvre. Vous savez la contradiction, les concurrences au sein d’un parti, cele permet aussi l’émergence de leaders  proactifs. On est passé donc par un choix des primaires et le choix a été porté sur le maire sortant. Nous profitons de l’occasion pour dire aux militants de Lola de ne pas voir seulement les querelles des personnes qui sont passées, il faut voir d’abord l’intérêt du parti.

Justinmorel.info : Il se dit aussi qu’ au compte de ces communales, l’UPG serait épaulé par le parti au pouvoir. Quelle réponse ?

Me Jean Alfred Mathos : Dans notre vision originelle, nous sommes du  centre. Ce qui veut dire qu’on n’a pas d’attache, on n’a pas de cheque en blanc pour qui que ça soit. Vous savez que dans la scène politique, vous avez l’opposition républicaine et la majorité présidentielle. Nous sommes persuadés que les gens qui n’ont pas de choix entre les deux bords politiques peuvent proposer une alternance. C’est ce que nous proposons.

S’il s’agit d’aller avec le parti au pouvoir, je n’aurai pas de choix. Même, L’UFDG vient me voir aujourd’hui, si elle défend les mêmes intérêts que nous, j’irai avec elle. L’UPG n’a pas de portes fermées. Partout s’il y a une démocratie constructive, là où l’intérêt de la Guinée marche, nous serons là. Moi, je croix que ceux qui n’ont pas voté et qui ont l’âge de voter, c’est à eux, qu’il faut donner une troisième voix. C’est sur ce sens que nous partons avec l’UFR, pour qu’il y ait une alternance démocratique au niveau du parlement.

Justinmorel.info : Tout ne peut être rose pour votre parti. Dites-nous les difficultés que vous rencontrez ?

Me Jean Alfred Mathos : On a des difficultés de mobilisation de nos militants. Vous savez les partis aujourd’hui, les militants viennent quand il y a des élections. Après les élections, tout le monde va s’occuper de ses affaires. Ailleurs, la politique  est une profession. Il faut créer une élite, même si ce n’est pas toute la population. Mais il faut quand même qu’une minorité s’implique. C’est pourquoi la dernière fois, on a organisé une conférence pour amener les jeunes à connaitre comment être leadership dans leur catégorie. Dans ce cadre que je m’en vais dire que la loyauté, la disponibilité et l’engagement sont des éléments pour faire performer un parti politique. C’est pourquoi, je souligne qu’il faut faire la différence entre les militants et les électeurs. C’est comme dans un match de football, vous avez les supporteurs et les footballeurs!

Il faut créer une nouvelle dynamique, nous ne sommes pas plus de 15 millions d’habitants. Il faudrait que l’élite soit une élite responsable. Et, moi je pense modestement en faire partie, parce que j’ai fait mes preuves. Je ne suis pas venu à l’UPG pour faire de la récréation. Je suis venu à l’UPG pour changer la notion de militantisme, de changer la notion de communautarisme, pour que ce ne soit pas un droit à qui que ce soit.

Quand on dit au Fouta, il faut l’UFDG ou rien. A Kankan, il faut RPG ou rien. Il faut arrêter ça. Moi je suis transversal, je suis Conakryka!.

Je n’ai pas d’ethnie, je suis de la Guinée et j’aime mon pays.C’est tout.

Interview réalisée par Léon KOLIE pour JMI

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Léon KOLIE journaliste de JMI

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