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Face à la représentation nationale, députés et sénateurs réunis en congrès, Denis Sassou-N’Guesso a, pendant plus de 50 minutes, réitéré le combat actuel du Congo, celui de la promotion de la bonne gouvernance qui a pour corollaire, son décollage économique. Pour cela, sanctionner restera la pierre angulaire de la gouvernance face à la fraude, la corruption, la concussion, le trafic d’influence, le laxisme.

A travers les parlementaires, le président de la République avait rendez-vous avec son peuple ce 30 décembre 2017. Faisant l’Etat de la Nation en 2017  devant le parlement réuni en congrès, Denis Sassou-N’Guesso a martelé sur la nécessité de rompre avec les comportements déviants, parlant ainsi de la « rupture », sa directive d’avril 2016.

En effet, dans son discours d’investiture en avril 2016, le chef de l’Etat congolais invitait ses compatriotes à la « dénonciation et à la cessation avec les antivaleurs, qui constituent un véritable frein à la marche vers le développement ». Mais, « près de deux ans après l’énoncé de cette directive (rupture), je réitère mes propos pour dire que la rupture concerne la lutte contre les antivaleurs. C’est la primauté du droit et de la justice sur l’arbitraire et l’impunité », a expliqué le chef de l’Etat. Pour lui, « ce postulat tire son objectivité de l’application du principe de la sanction ».

Denis Sassou-N’Guesso a fait observer que cette directive a été très vite « tournée en dérision, même à des niveaux responsables ». Le président de la République invite en fait tous les Congolais, notamment ceux qui ont le pouvoir de décision à mettre un terme au laxisme, source de la perpétuation de l’impunité. La recherche effrénée d’assises par les hommes politiques, notamment est à l’origine des comportements décriés, selon Denis Sassou-N’Guesso. « L’expression de l’impunité tient assurément du clientélisme et du fait électoraliste exacerbés, au nom d’une interprétation erronée de l’exercice démocratique, par la mauvaise gestion du pluralisme politique dans notre pays, la recherche effrénée d’assise, d’influence et de leadership qui consacrent la faiblesse des uns et des autres devant la nécessité de la sanction », a-t-il estimé.

Dans l’optique d’’atteindre les résultats dans le combat contre les antivaleurs, le chef de l’Etat congolais enjoint aux décideurs de faire « la rupture  doit se compléter de la rigueur, afin que la sanction s’impose à tous les échelons de la hiérarchie sociale, économique et administrative ». Il s’agit d’appliquer la loi de façon stricte et donner à la « rupture » son sens le plus profond et l’Etat se chargera, chaque jour de traquer les antivaleurs, a promis le président congolais.

Le Procureur de la République et les parlementaires ont été pris pour exemples dans la perpétuation de l’impunité. « Dans notre pays, aucune disposition n’interdit aux procureurs de la République de se saisir des dossiers délictueux, y compris ceux portant sur des crimes économiques », a déclaré Denis Sassou-N’Guesso qui s’est interrogé sur ce qui pourrait bien justifier le fait que les Députés et Sénateurs ne soient pas capables de mener une enquête parlementaire. « Qui donc empêche, par exemple, aux représentants du peuple que sont les députés et les Sénateurs d’exercer une prorogative constitutionnelle, l’enquête parlementaire », a ajouté le chef de l’Etat qui a décliné sa responsabilité dans cette espèce de démission collective des élus du peuple.

Invitant les Congolais au travail, le président de la République a appelé ses compatriotes au changement de comportement : « La crise doit nous aider à changer certains comportement», a-t-il renchéri.

MIATOLOKA Boryce Agapyth

Correspondant particulier de JMI au Congo

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