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Me Fréderic Fromo Loua, président de l’ONG MDT et également, président de la commission protection des  Droits  de l’homme à l’INIDH, a accordé cette semaine à notre rédaction une interview au cours de laquelle, il s’est largement exprimé sur certaines actualités brûlantes de la cité notamment, la grève des enseignants, la menace du président de fermer les radios et le procès des massacres du 28 septembre 2019. 

 Justinmorel.info: La grève des enseignants déclenchée le 13 novembre 2017 par certains membres du SLECG perturbe le système éducatif guinéen, avec  deux morts, des  blessés et un viol. En tant qu’un activiste des droits de l’Homme, dites-nous  à qui la  faute ?   

Me Fréderic  Fromo loua : Notre pays  traverse  des moments de grève qui affectent gravement les droits des enfants d’aller à l’école. Cette situation que nous déplorons, c’est  la faute aux autorités  qui ne veulent pas réellement appeler ces grévistes à la table de la négociation pour essayer de trouver  une solution définitive à cette grève.

Je rappelle que même l’année dernière au mois de février également, nous avons connu une grève où les enfants sont restés longtemps à la maison. Tout cela, ce sont des situations qui ne sont pas l’avantage du pays et, les autorités ne semblent pas prendre la mesure de la situation. Elles veulent utiliser la force pour intimider les grévistes, pour ne pas être en face de  leurs responsabilités. Ça, c’est une fuite en avant que nous déplorons! Aussi, en ce qui concerne les morts, les blessés et le viol, nous, les défenseurs des droits humains  en Guinée, nous avons  condamné avec la dernière énergie cette terrible situation.

Les autorités et les forces de défense et de la sécurité ne doivent pas avoir la gâchette facile. Il faut qu’elles se rappellent qu’elles sont d’abord une force républicaine. Elles ne sont pas là pour servir les intérêts de  quelque politique  que ce soit. Elles sont justement là pour respecter les lois de la République et de les faire respecter aussi. Et pour avoir un même traitement à l’égard de  tous les enfants de ce pays, parce que c’est leur rôle. Elles  ont été  constituées pour cela.

Justinmorel.info: Quelle lecture faites-vous de la menace du chef de d’Etat de fermer toute radio qui donnera la parole aux grévistes du SLECG ?     

Me Fréderic Fromo Loua : Je crois que ça, c’est « une aberration », le président ne peut pas fermer une radio. Pour qu’une radio  soit fermée, il faut une décision de la HAC. Et, la HAC est une institution de la République qui est censée être indépendante de l’exécutif. Donc, dire qu’on va fermer  une radio pour moi , c’est une manière d’amuser la galerie. Je crois que ce sont des menaces qui  n’en  valent pas la peine. Nous sommes un pays qui a des lois et  qui a des institutions et des normes de fonctionnement, on ne peut pas comme cela, menacer et tenter de porter un coup fatal à la liberté de la presse, qui est un socle de la démocratie pour le pays. Donc,  c’est inadmissible.

Justinmorel.info: Qu’en est-il pour le procès du dossier des victimes du 28 septembre ?

Me Fréderic Fromo Loua : Le dossier a été clôturé en termes d’instruction préparatoire.  Et, il  a été retourné au niveau du procureur de la République qui doit  prendre ses réquisitions. Donc, je pense que le procureur devra prendre ses réquisitions pour que justement, une ordonnance de saisine soit faite en direction de  la juridiction de jugement. Mais, nous ne savons pas quand est-ce ce réquisitoire va se faire. En ce sens que nous restons accrochés  à la décision de Monsieur le procureur qui doit prendre ses responsabilités pour ce réquisitoire, afin que le juge puisse également prendre une ordonnance de saisine. Nous sommes à ce niveau.

Entre temps, il y a une plainte qui avait été déposée par un certain groupe de victimes et, c’est après que je crois qu’on a décidé de faire jonction de procédure pour aller très vite. Mais, nous pensons que les autorités au regard de l’ampleur de la situation, au regard de la gravité des infractions reprochées, vont prendre les mesures nécessaires pour que ce dossier soit jugé. Je rappelle une fois encore que ce dossier avait sali l’image de la Guinée et  avait mis la  Guinée au banc des pays qui ne respectent pas les Droits de l’Homme.

La Guinée est devant un défi historique, non seulement pour rétablir les victimes dans leurs droits, dans le but de restaurer la journée du 28 septembre qui est une journée historique, mnémonique pour la Guinée. Vous rappelez que la journée est celle, qui au cours de la quelle les Guinéens ont voté « Non »  au grand à la République française. Pour cela, le passage oblige encore une fois que le jugement de cette affaire soit exécuté dans le respect des normes internationales et des lois de la République.

Interview réalisée par  Léon  KOLIE  pour JMI                          

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