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Comme elle l’a annoncé dans un communiqué diffusé ce lundi 27 mai, l’Union des radios et télévisions libres de Guinée (URTELGUI) a effectivement fait une synergie de protestation contre la décision du pouvoir, « de fermer toute radio qui donnera la parole au syndicaliste Aboubacar soumah du SLECG », principal meneur de la grève des enseignants. Décision déjà effective avec la fermeture des radios BTA de Labé et Gangan RTV.

Si cette synergie a bien été possible, les appréciations en sont diverses au sein de la corporation des hommes des médias. Beaucoup voyaient en cette synergie, l’occasion de tenir tête aux menaces du pouvoir qui pèsent sur la liberté d’expression, donc sur la démocratie en Guinée.

Si les patrons de presse ont opté pour la temporisation, les journalistes dans leur écrasante majorité estiment qu’il fallait aller à la confrontation, mettre de côté la peur du pouvoir et de l’évitement, pour démentir les pronostics en donnant la parole notamment à Aboubacar Soumah qui, il faut le préciser, a été interdit de parole sur les radios par le président Alpha Condé.

La synergie de ce mardi 28 novembre 2017 s’est résumée à des émissions d’éducation, de sensibilisation, d’interpellation, voire même de plaidoyer en faveur de la liberté de la presse qui, il faut le rappeler a été chèrement acquise dans ce pays, parfois au prix du sang de certains patriotes guinéens.

Les patrons des radios, semblent avoir opté pour la défense de leurs intérêts et une certaine voie de la sagesse. La liberté d’expression qui est, à un tournant critique depuis la libéralisation des ondes, devra attendre un peu…

Le risque que cela comporte est tout simplement celui de renforcer le pouvoir dans sa conviction qu’il faille intimider les journalistes, dans le but de leur imposer son point de vue.

Si l’on ne peut occulter le fait que le secteur des médias en Guinée a besoin de refonte profonde, par la formation et le perfectionnement en matière d’éthique et de déontologie , pour extirper certains éléments qui ne font pas honneur au métier de journaliste, ceux qui se sont longtemps battus pour cette presse, avaient une occasion en or d’inscrire définitivement leurs noms dans les annales de l’histoire de la presse guinéenne, africaine et internationale…

Comme on le dit assez souvent, l’histoire ne retient que les vainqueurs. Le pouvoir actuel est en train de gagner cette bataille devant l’indifférence insoutenable de la société civile et des contre pouvoirs démocratiques.

Mamadou Aliou DIALLO pour JMI

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