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Dans quelques jours, sauf changement de dernière minute, les festivités de célébration du cinquante neuvième anniversaire de notre accession à l’indépendance auront lieu à Kankan. Un événement, qui intervient à deux ans de la fin du second et dernier mandat du chef de l’Etat.

Alors que l’on s’achemine vers ce regroupement festif dans la savane guinéenne, le climat socio politique qui prévaut actuellement ne rassure guère. Nonobstant le fait qu’au plan politique, on observe une relative accalmie, avec les élections communales en vue, il y a fort à parier d’une poussée de tension.

Entre extrémistes et jusqu’au-boutistes

Comme par enchantement, au moment où l’on s’y attendait le moins, quelques jours après la clôture de la seconde édition de la SENACIP, la Semaine Nationale de la Citoyenneté et de la Paix, le secteur de l’éducation pré universitaire est perturbé par une grève des enseignants. Avec son corollaire de violence aveugle, de dégâts matériels et de victimes. Par la faute d’extrémistes et de jusqu’au-boutistes, les démons des folles de journées de février dernier ont resurgi. Au grand dam du pays. Ces malheureux événements interviennent au moment où la presse privée est confrontée à l’une des plus graves crises de son existence. Une crise qui se prolonge par l’inculpation d’un confrère appelé à comparaitre le 25 décembre prochain.

Le pays est pris en otage par les deux grands partis

En dépit du  triomphalisme du gouvernement, qui surfe sur des promesses de financement de plus de 21 milliards USD du PNDES, le tableau non exhaustif décrit plus haut devrait nous conduire à un peu plus de circonspection. Au plan politique, le pays est pris en otage par les deux grandes formations politiques, à savoir le RPG Arc en ciel et l’UFDG. Au point que les observateurs de la scène politique estiment que le pays trouvera son salut dans le renouvellement de la classe politique. Ou à défaut, l’émergence d’un bloc politique animé d’une philosophie beaucoup patriotique et nationale.

Du côté de la société civile, le constat est amer et affligeant ! Contre-pouvoir et force de propositions, notre société civile ne répond plus aux aspirations des citoyens. Fer de lance des contestations des années 2006 et 2007, la société civile n’a pas fière allure aujourd’hui. Elle subit les événements et réagit sur le tard et le plus souvent sur injonction de l’opinion publique. Une façon de se donner bonne conscience aux yeux de celle-ci.

Neutraliser les pyromanes

Le mouvement syndical de nos jours affiche les mêmes travers que les  autres organisations de la société civile. Loin de nous la prétention de jouer aux cassandres, une prise de conscience s’impose. Avec la série de consultations qui s’annoncent (élections communautaires, élections législatives, et un peu plus tard les présidentielles), c’est maintenant qu’il faudrait réfléchir sur les mécanismes à mettre en branle pour assurer la paix et la concorde dans le pays.

Il s’agit de faire en sorte de neutraliser les pyromanes de tout acabit. Le prix à payer pour nous éviter les soubresauts d’une instabilité n’est pas à calculer. Autrement dit, on devrait les yeux fermés s’investir autant que faire se peut, pour préserver la relative stabilité que nous vivons depuis bien longtemps déjà. Même s’il est vrai par ailleurs que l’on ne saurait oublier tous les errements, toutes les dérives liberticides et autres bavures policières.

Thierno Saïdou DIAKITE pour JMI

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