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Thierno Saïdou Diakité communément appelé par ses fans ‘’Tino’’, analyste sportif et banquier, a accordé cette semaine une interview exclusive à justinmorel.info  au cours de laquelle, il s’est largement prononcé sur l’élimination du Syli National à la coupe du monde Russie 2018 et plusieurs autres sujets sportifs du pays. 

Justinmorel.info : Le Syli National est complètement effacé de la Coupe du Monde Russie 2018. En tant qu’analyste sportif, dites-nous à qui on impute la faute de cette chute vertigineuse de l’équipe guinéenne ?

Thierno Saïdou Diakité : La question est pertinente, vous savez une compétition, c’est vrai, il y a l’équipe qui joue mais,  il y a aussi tout un environnement dans lequel évolue cette équipe. Vous avez l’encadrement technique, la fédération, le ministère en charge des sports et les supporteurs. Je pense que la responsabilité doit être partagée  entre les différents acteurs qui interviennent  pour la préparation de l’équipe nationale. Cela veut dire que si la grande part de responsabilité revient à l’entraîneur, cela va s’en dire que de ne pas négliger les autres aspects.

C’est-à-dire dire,  est-ce que cet entraineur a bénéficié toutes les conditions pour avoir une équipe compétitive ? Est-ce que son salaire a été payé à temps ? Est-ce qu’il a eu la facilité de recruter des joueurs ? Est ce qu’il a eu la possibilité d’organiser des matchs testes ?

Il y a toute une série de paramètres qui entre en ligne pour apprécier les résultats enregistrés par notre équipe.

Votre question nous amène à poser une autre question, sur six matchs, au compte des éliminatoires de la coupe du monde, on a enregistré 5 défaites et obtenu une seule victoire. Cela veut dire qu’il y a un problème et l’on devrait rapidement se pencher sur les causes de cette élimination très glorieuse pour notre pays.

Justinmorel.info :   Mais certains observateurs des  fans du cuir rond disent qu’ils imputent la responsabilité à  Lappé Bangoura, Qu’en dites-vous ?

Thierno Sadouy Diakité : Bon, je l’ai dit plutôt, Lappé a sa grande part de responsabilité, parce que, lorsqu’une équipe gagne, c’est l’entraineur et lorsqu’une équipe perd, c’est l’entraineur qui est pointé du doigt. C’est vrai que si on prend le contenu de certaines rencontres. La dernière rencontre à Kinshassa, les 5 dernières minutes, nous avons tenu en échec les Léopards. On était à un but partout,  et figurez-vous à l’espace de 4 minutes,  nous avons encaissé deux buts, cela va s’en dire, qu’indubitablement, le coaching n’a pas été bon. Il a été défaillant parce que, nous n’avons pas pu gérer un match nul qui aurait pu honorer  le palmarès de la Guinée. Même si avant le match, nous étions quasiment éliminés à la course de mondiale. Donc, disons que Lappé Bangoura est responsable,  il faut le reconnaitre, il a une grande part de responsabilité parce que, c’est lui qui choisit les joueurs. De ce fait, c’est lui qui définit le plan de jeu, c’est lui qui met en place la tactique, et c’est lui qui gère les 90 minutes du match !

Justinmorel.info :   Revenons au niveau du COCAN. En tant que vice-président de la commission communication, qu’en est-il pour sa mise en œuvre pour la CAN Guinée 2023 parce que le constat est que rien n’est encore fait ?

Thierno Saidou Diakité : Je vais un peu relativiser les choses, quand vous dites que jusqu’à présent, rien est encore fait. Depuis le 31 octobre dernier, une réunion a regroupé au siège d’une société de la place, le comité de pilotage, les présidents et vice-présidents des commissions techniques, un compte rendu a été fait par les membres du comité de pilotage ; à savoir depuis leur mise en place en janvier 2017, le travail qu’ils ont eu à accomplir. Nous avons été informés que grâce à la  sollicitude du chef de l’Etat, l’immeuble Siguiri de la cité chemin de fer a été attribué au COCAN , c’est un bâtiment de  R+2 qui va servir le siège de COCAN et le comité de pilotage a obtenu aussi un siège au 6ème étage d’un immeuble à Coronthie. Ensuite, nous avons été informés que sur certains sites  de compétition à savoir : Kankan, N’Zérékoré et Labé, des domaines ont été identifiés pour l’édification de certaines infrastructures.

Etant donné que le format de compétition a changé, de 16 équipes, on passe à 24, les sites de Boké et Kindia ont été rajoutés. Un courrier a été adressé aux autorités locales de ces deux villes, afin qu’ils puissent identifier des domaines qui vont être réservés aux infrastructures devant abriter les compétitions de la CAN 2023.

Vous avez suivi le passage du président de la CAF, Ahmadou Ahmad, qui a fait un séjour d’environ 48 heures en Guinée, dans le message qu’il a livré, il n’a jamais mis en doute la candidature de la Guinée, ni les autres pays, c’est-à-dire,  la Côte d’Ivoire et le Cameroun. Mais, il a seulement émis le souhait que les pays puissent satisfaire au standard du cahier de charges et que si par aventure, un pays ne respectait pas ces standards, il y a des pays en attente qui vont recevoir la compétition planifiée. Donc les choses avancent, mais peut être qu’il n’y a pas assez de communication sur ce qui se fait.

Je vous informe par exemple que le projet de budget d’équipement et du fonctionnement du COCAN a été inscrit dans la loi des finances en  discussions maintenant au parlement, grâce à l’intervention  de la  députée Dialikatou Traoré, directrice des opérations adjointe du COCAN. On avance petit à petit, mais retenez que dans quelques semaines, un grand coup d’accélérateur doit être donné aux préparatifs de la CAN 2023 en Guinée.

Justinmorel.info :   Quel message vous pouvez lancer à l’endroit au ministre des Sports, de la Culture et  du Patrimoine historique et des sports dans le cadre de l’organisation de la CAN 2023 ?

Thierno Saidou Diakité : Le message que je vais lancer au ministre, c’est peut être qu’il fasse en sorte que tous les membres du gouvernement puissent s’impliquer, pour accompagner le comité de pilotage et le COCAN, afin que l’on puisse être dans les délais. A partir de janvier 2018, que les choses proprement dites, commencent à savoir l’identification des sites de compétition, l’évaluation du financement à faire, la mobilisation des ressources et surtout une campagne médiatique, afin que tous les Guinéens puissent adhérer à ce projet CAN 2023 en Guinée, parce que c’est l’affaire de tout le monde.

Interview réalisée par Léon KOLIE pour JMI

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