SHARE

Une ‘idée folle’ a permis de cultiver du blé dur dans les conditions de chaleur extrême du Sénégal, de la Mauritanie et du Mali, trois pays affectés par la famine

  • La découverte du blé dur résistant à la chaleur peut aider à éradiquer la pauvreté
  • Les travaux sur le sujet remportent le prix international de la Sécurité alimentaire.

Une ‘idée folle’ a permis de cultiver du blé dur dans les conditions de chaleur extrême du Sénégal, de la Mauritanie et du Mali, trois pays affectés par la famine [1]Elle pourrait ainsi augmenter les revenus de 1 million de familles agricultrices, et a par conséquent remporté le Prix Olam (www.OlamGroup.com) 2017 de l’Innovation pour la sécurité alimentaire.

Le projet de recherche sur l’empreinte génomique [2] mené par le Dr Filippo Bassi de l’ICARDA [3] (www.ICARDA.org) et le Professeur Rodomiro Ortiz (SLU, Alnarp), et financé par le Conseil suédois de la recherche scientifique, a employé des techniques de sélection moléculaire non GM pour développer un ensemble de variétés de blé dur capables de résister à des températures constantes de 35 à 40 degrés le long de la savane du bassin du fleuve Sénégal.

Dans cette région, les agriculteurs cultivent du riz pendant 8 mois de l’année [4], mais la terre reste inutilisée pendant les 4 autres mois. Les nouvelles variétés de blé dur ont dès lors été développées pour pousser extrêmement vite [5]. Ainsi, les agriculteurs seront en mesure de cultiver le blé entre les saisons du riz, ce qui pourrait résulter en 600 000 tonnes de nourriture nouvelle, soit 175 portions de pâtes par personne par an dans la région, et générer 210 millions d’US$ de revenus supplémentaires pour les exploitants [6]. Le blé contenant 5 fois plus de protéines, de vitamines et de minéraux que le riz, il contribuera aussi à améliorer les régimes alimentaires.

Grâce à la politique de partage libre des germoplasmes et de l’IP (préservation de l’identité) pratiquée par l’ICARDA avec les pays en voie de développement, la découverte présente aussi un grand potentiel d’adaptation pour d’autres régions touchées par des températures en hausse. En conséquence, 12 juges experts ont attribué à ces recherches révolutionnaires le Prix Olam pour l’Innovation dans la sécurité alimentaire – un prix international lancé par l’agroentreprise internationale en partenariat avec l’Agropolis Fondation [7] (www.Agropolis-Fondation.fr).

Le Dr Bassi a commenté : « Lorsque nous avons eu cette idée il y a 5 ans, les gens ont pensé que nous étions un peu fous. Nous sommes donc ravis de voir notre projet d’introduire du blé dur dans cette région récompensé par le prix Olam. J’aimerais remercier particulièrement nos partenaires pour leur soutien : l’U-Forsk2013, le CNARAD, l’ISRA, l’Université Mohammed V, et la SLU Sweden. En collaborant étroitement avec les agriculteurs, nous avons gagné leur confiance. Ils sont en effet conscients des avantages qu’offre cette variété qui peut être facilement cultivée moyennant un investissement minimum. Maintenant, nous devons agir pour la mettre sur le marché. Nous utiliserons donc le montant du prix pour promouvoir l’établissement d’un partenariat commercial avec l’industrie des pâtes et du couscous nord-africaine. »

Sunny Verghese, Cofondateur et CEO du Groupe a déclaré : « L’agriculture mondiale est confrontée à des problèmes graves. Des millions de personnes souffrent de famine et la planète lutte pour répondre à la demande croissante de calories en ne dépassant pas ses limites. Ces recherches menées par le Dr Bassi et son équipe nous montrent comment nous pouvons repenser l’agriculture grâce à une idée originale et à l’engagement d’une équipe de personnes poursuivant un objectif commun. Cette découverte crée non seulement une solution viable et évolutive qui améliorera probablement la vie de nombreuses personnes dans le bassin du Sénégal, mais pourrait aussi se révéler grandement utile dans d’autres régions affectées par l’augmentation des températures liée au changement climatique. »

Le Dr Pascal Kosuth, Directeur de la Fondation Agropolis explique : « La région africaine a, en moyenne, la productivité agricole la plus faible du monde et de nombreux pays du continent ont répondu à l’augmentation de la demande alimentaire grâce aux importations d’outre-mer. Le développement d’une production agricole durable dans des conditions climatiques difficiles et des systèmes d’exploitations familiales nécessite un effort commun au niveau de la sélection des plantes, des systèmes semenciers, des systèmes de production, de la chaîne de valeur du produit ainsi que du renforcement et de la formation des agriculteurs. C’est pourquoi le panel d’experts internationaux indépendants convoqués par l’Agropolis Fondation a unanimement élu le projet de l’ICARDA en tant que gagnant du Prix Olam de cette année pour l’Innovation dans la sécurité alimentaire. »

Pour en savoir plus :


[1] Classés respectivement 67e, 83e et 94e dans l’Indice de la faim dans le monde 2017
[2] Découverte des régions génomiques – un extrait d’ADN contenant la séquence d’un ou plusieurs gènes importants
[3] La mission de l’ICARDA (le Centre international de recherches agricoles en zone aride) consiste à améliorer les moyens de subsistance des habitants pauvres en ressources dans les zones arides grâce à la recherche et à des partenariats visant à atteindre des améliorations durables en termes de productivité et de revenus agricoles.
[4] Le riz ne peut pas pousser correctement pendant les mois d’hiver lorsque la température atteint 35 à 40 degrés Celsius pendant la journée, mais seulement 16 degrés Celsius pendant la nuit
[5] Avec un rendement potentiel de trois tonnes par hectare en 90 jours à peine
[6] Les activités d’un ménage agricole moyen au Sénégal ont généré 646 500 francs CFA en 2011 – le 15/11/2017, ceci équivalait à 1 167,12 US$ (Source : Institut international de recherche sur les politiques alimentaires)
[7] La valeur du prix s’élève à 50 000 US$

Source: APO Group pour Olam International.

Comments

comments

SHARE