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Pour marquer cette journée, nous nous sommes entretenus avec Mme Néné Fatou Diallo, Inspectrice Générale de l’Éducation . Depuis son engagement à la Fonction Publique en qualité de professeur d’histoire, elle en est aujourd’hui à 28 années de service. Depuis 1989, elle a enseigné au lycée jusqu’à sa promotion comme proviseure du Lycée Donka au cours de l’année scolaire 2002–2003. Dans cet entretien, elle revient sur les conditions de travail l’enseignant, la place réservée à celui-ci dans le Programme Sectoriel de l’Éducation (PSE), son choix de carrière dans l’enseignement et ses rêves pour la jeunesse guinéenne.

© UNICEF Guinée

UNICEF Guinée : Quel regard portez-vous globalement sur les conditions de travail des enseignants ?

Nènè Fatou Diallo : Les conditions de travail des enseignants évoluent et continueront d’évoluer. L’espoir est permis, car beaucoup d’efforts ont été déployés par le Gouvernement et ses partenaires en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de travail.

UNICEF Guinée : En Guinée, quelles sont les mesures mises en place par l’ État pour les enseignants ?

Nènè Fatou Diallo : On note une amélioration de la condition du personnel enseignant et de la recherche, avec la promulgation du Décret n° D/2006/018/PRG/SGG du 28 juin 2006, portant statut particulier du personnel enseignant et des chercheurs de l’éducation. Diverses primes sont accordées exclusivement aux enseignants dont entre autres, la prime de craie, la prime de préparation, la prime de documentation, la prime de zone. En plus, dans le cadre du développement professionnel, les enseignants ont la possibilité d’améliorer leurs statuts à travers les examens professionnels, les recyclages et les reclassements. C’est ainsi que des Instituteurs adjoints par le biais des examens professionnels et des reclassements successifs peuvent effectivement accéder au corps des professeurs de Lycée ; les professeurs de lycée peuvent accéder au Corps de Professeur d’Enseignement Supérieur, par le biais de la formation continue. Mieux, la possibilité leur est offerte d’être promus à des postes d’encadrements pédagogiques et administratifs, tant aux niveaux central et déconcentré qu’au niveau des écoles et établissements.

UNICEF Guinée : Quelles sont les priorités ciblant spécifiquement les enseignants dans le Programme Sectoriel de l’ Éducation intérimaire (PSE) 2015–2018 ?

Nènè Fatou Diallo : Vous savez, le PSE a inscrit la formation initiale et continue comme une priorité et des financements y sont dédiés dans le cadre de projets de formation des enseignants et encadreurs scolaires.

UNICEF Guinée : Comment la formation continue est-elle organisée ? Est-elle systématique ?

Nènè Fatou Diallo : Depuis plus de deux décennies, près d’une dizaine d’intervenants externes et internes du système éducatif ont apporté un soutien massif à la formation continue des enseignant et enseignantes. Il y a des séminaires, ateliers, formations en présentiel de courte ou de moyenne durée, formations à distance et l’encadrement de proximité. Ces formations ont touché directement ou indirectement les enseignants. Le niveau central assure des formations en direction des enseignants et encadreurs. À cet effet, des équipes régionales et préfectorales de formation continue ont été constituées et outillées. À elles, se greffent les Délégués sous préfectoraux/communaux de l’enseignement qui reçoivent assez souvent des formations qu’ils se doivent de démultiplier dans les écoles à l’intention des directeurs et enseignants. Il faut aussi noter que les chefs d’unités pédagogiques au secondaire sont désormais mobilisés dans des activités de formation qu’organise le département pour améliorer l’enseignement au secondaire.

UNICEF Guinée : Parlez-nous de votre parcours dans l’enseignement.

Nènè Fatou Diallo : Depuis mon engagement à la Fonction Publique en qualité de professeur d’histoire, j’en suis à ma 28e année de service. J’ai enseigné au lycée à partir de 1989, jusqu’à ma promotion comme proviseure du Lycée Donka au cours de l’année scolaire 2002–2003. Je suis également au plan professionnel animatrice pédagogique de l’enseignement au secondaire.

UNICEF Guinée : Pourquoi avez-vous choisi cette voie ?

Nènè Fatou Diallo : Au départ, ce n’était pas un choix. Je m’y suis retrouvée, car à l’époque, les premiers au concours d’accès au second degré de l’enseignement supérieur étaient directement orientés à l’École Normale Supérieure pour être préparés à l’enseignement. Au fur et à mesure, j’ai trouvé du plaisir à pratiquer ce métier, car il est noble et on bénéficie de reconnaissance et de satisfaction morale qui, pour moi, n’ont pas de prix.

UNICEF Guinée : Quels sont vos meilleurs souvenirs et ….vos regrets en tant qu’enseignante ?

Nènè Fatou Diallo : Le meilleur souvenir c’est sans nul doute, mon premier témoignage de satisfaction offert par la direction et le comité de coordination des élèves du Lycée Donka. Par contre, je regrette de constater que certains enseignants aujourd’hui ne respectent pas la déontologie du métier. Pourtant, le respect de celle-ci permet de préparer des hommes et des femmes honnêtes et responsables dont le pays a besoin pour son développement social et économique.

UNICEF Guinée : Quel conseil pouvez-vous donner à la jeunesse guinéenne aujourd’hui ?

Nènè Fatou Diallo : Au regard de l’évolution technique et technologique, nos jeunes doivent accepter de rompre avec la paresse et en profiter pour se former, car c’est l’unique voie pour être au rendez-vous du 21e siècle qui, à mes yeux, devient de plus en plus sélectif et compétitif.

Kadijah Diallo UNICEF Guinée

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