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L’effet de contagion des évènements de Boké semble se poursuivre avec une célérité inquiétante en Guinée. Alors que nous nous alarmions, il y a une semaine, de la situation de révolte dans la préfecture de Kérouané, en haute Guinée ; Beyla, Kouroussa sont à leur tour en ébullitions et des affrontements sont signalés également à Lola entre des groupes d’élèves.

Les promesses fallacieuses des hommes politiques finissent toujours par les rattraper tôt ou tard. Les manifestations de Beyla sont illustratives de cet adage. Dans les rues depuis ce mercredi 18 octobre 2017, la population de Beyla manifestants et demande au président de la république le respect de ses promesses de campagne lors de la présidentielle de 2015.

Après trois jours d’émeutes d’une rare violence, attisée, selon les observateurs locaux, par les forces de l’ordre, le bilan est très lourd : plus d’une vingtaine de concession vandalisées et incendiées, la Compagnie Territoriale de la Gendarmerie Préfectorale de Beyla saccagée, etc…

 

En chiens de faïence

 

Les jeunes et les femmes de Beyla accusent les forces de l’ordre d’avoir notamment pillé des habitations dans la nuit de mercredi au jeudi 19 octobre 2017. Ce qui, selon nos informations, aurait envenimé la situation entre jeunes manifestants et forces de l’ordre qui se regardent en chiens de faïence.

Pendant ce temps à Conakry, les autorités semblent dans une bulle ou un système qui, de plus en plus les éloigne, chaque jour et les « empêchent » de percevoir les réalités que vivent les Guinéennes et Guinéens au quotidien, cantonner à rendre prioritaire ce qui ne l’est absolument pas.

Entre autres: chômage, insécurité, précarité, manques d’infrastructures, etc…

Dans un contexte de contagion généralisée de la révolte et de la violence, les velléités révisionnistes encouragées par les pyromanes de la république, conjuguées aux échéances électorales prochaines risquent d’enflammer encore plus la situation.

 

Il est temps de sortir

 

Combattre le laxisme et l’immobilisme pour faire face aux réalités des Guinéens, au lieu de perdre ce temps précieux à pomper des slogans et de projets dont ni la faisabilité, ni les mécanismes encore moins le leadership ne sont à la portée de ses auteurs, sans des réformes profondes et fondamentales du système de gouvernance, avec comme levier la culture de la redevabilité.

Mamadou Aliou DIALLO pour JMI

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