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Dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations issues de la conférence régionale sur les violences  basées sur le genre et sur la santé de la reproduction et la capture du dividende démographique, tenue à Conakry du 7 au 9 décembre  2016,  le REFAMP (Réseau des femmes Ministres et Parlementaire) en collaboration avec la COFFIG (coalition des femmes et filles de Guinée) et grâce à l’appui technique et financier de l’UNFPA, ont procédé ce lundi 18 septembre 2017, au lancement d’un forum sur les violences basées sur le genre (VBG).

La cérémonie de lancement de ce forum de réflexion sur la lutte contre le fléau des violences basées sur le genre (VBG) a connu la participation de la ministre de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, Hadja Mariama Sylla, de celui de la sécurité, Abdoul Kabélé Camara, du ministre de la justice garde des sceaux, Cheick Sacko, de la présidente du CES  (Conseil économique et social) Hadja Rabiatou Serah Diallo, de Martine Condé, la présidente de la HAC (Haute autorité de la communication), du représentant du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), ainsi que  des femmes du REFEMAP et de la COFFIG, qui se sont massivement mobilisées pour l’occasion.

Au compte des allocutions d’ouverture, la présidente du REFAMP a, au-delà des discours tout faits, lancé un cri de cœur à l’endroit de l’assistance et des acteurs présents, pour montrer combien de fois l’heure est grave : « Les violences basées sur le genre prennent des proportions inhumaines en Guinée, pourtant depuis 30 ans des organisations comme le REFAMP, CONAG-DCF et autres se mobilisent contre ces pratiques néfastes pour la vie et la santé des enfants… Mais aujourd’hui encore, dans notre pays, un pays où 95 pour cent de la population est croyante, les femmes sont battues, violées… les filles violentées et, les bébés sont violés…. les nourrissons sont violés… !! Où sont nos valeurs? Donc, c’est un pays par rapport à cette question-là, qui a déjà basculé. On a assisté ici au massacre du 28 septembre. Nous avons vu, vous et nous, les femmes lacérées, violées dans leur intimité, qu’on accompagne encore aujourd’hui…. Nous avons vu le cas d’une fillette de quatre mois violée dans ce pays ! Et les consciences sont tranquilles…. cela est dramatique ! Et pourquoi depuis 30 ans la situation n’évolue pas ? », a interrogé Makalé Traoré à l’endroit de l’assistance.

Selon elle, la persistance de ce phénomène en dépit des efforts inlassables déployés par les différentes organisations œuvrant dans la lutte contre les VBG, justifie l’organisation de ce forum, avec toutes les parties prenantes, tous les acteurs qui agissent sur le terrain, afin d’évaluer à ce stade les défis futurs.

« L’état des lieux, on le connaît, le diagnostic est franc, poursuit-elle, on se bat depuis 20 -30 ans pour que ça change, mais ça ne change pas. Qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui en termes d’innovations, en termes d’actions nouvelles ? Qu’est-ce qu’il faut faire pour que les femmes cessent d’être un champ de bataille ? Qu’elles cessent d’être violées au grand jour ? Vous savez avant on violait les femmes en cachette, aujourd’hui on les viole en plein jour dans les quartiers, dans les chambres de garçon et les mamans, les papas entendent crier les filles, personne ne réagit… ? Il y a un grave problème pour un pays où des choses comme ça se passent. Je sais qu’au niveau du gouvernement, il y a beaucoup de volonté, Malgré tous les efforts, la situation ne change pas… » a-t-elle déploré.

Elle a terminé son plaidoyer, en interpellant l’ensemble des acteurs à s’impliquer davantage, à travers ce forum, à réfléchir sur des démarches innovantes pour sauver les victimes de ces violences basées sur le genre.

Du côté de l’UNFPA, le représentant résident de l’organisation onusienne a déploré que le viol d’enfants, de filles et de femmes se soit multiplié ces derniers temps, à une échelle inquiétante en Guinée. Les tranches d’âges victimes de ces sévices sont, d’après lui, comprises entre 2 ans, 6 ans, 10 ans, 12 ans, 14 ans, 16 ans alors que leurs agresseurs ont un âge compris entre 20 à 60 ans.

«Les violences à l’égard des femmes et des filles existent et persistent dans toutes les parties du monde et le problème est particulièrement aigu en Guinée. Cela est dû au fait que les victimes n’osent souvent pas dénoncer les abus ou faire recours à des instances de prise en charge. L’impunité fait que ce sont les victimes qui sont actuellement punies, car elles sont obligées de vivre dans la honte et la stigmatisation, au moment où les auteurs circulent en toute quiétude », a regretté Cheick Fall.

Si les ministre de la sécurité et celui de la justice se sont engagés à accompagner le REFAMP et la COFFIG dans leur combat contre les VBG, la ministre de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance Mariame Sylla, qui a ouvert les travaux a, au-delà de son soutien à l’endroit des femmes regretté que « l’évolution de la société guinéenne demeure fortement influencée par des préjugés et stéréotypes qui assignent  à l’homme  et à la femme des rôles et fonctions sociaux qui établissent un rapport de dominant-dominé en fonction de leurs sexes. Les femmes guinéennes méritent un regard différent et un traitement qui doit les mettre à l’abri de nombreuses discriminations et stigmatisation. » Ses futures actions vont s’inscrire dans ce cadre stratégique.

Mamadou Aliou DIALLO pour JMI

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