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Guantanamera signifie « Fille ou femme de Guantanamo »

L’histoire le la Guantanamera commence en 1929. Une fille de Guantanamo se fait siffler et ne réagit pas selon le goût des garçons qui ont manifesté ainsi qu’ils la trouvaient jolie. Les garçons « en font une Guantanamera » sur une ancienne mélodie du XIX° (Passacaille fusionnée avec de la musique locale.

La chanson est diffusée par la radio locale où travaille José Fernando Diaz. Il en fixe la mélodie et y met, outre des paroles propres à Guantanamo, des « versos sencillos » (« vers simples ») de José Marti, composés en opposition aux vers qu’il juge « compliqués » du romantisme de son époque.

La base navale US de Guantanamo existe déjà depuis longtemps, car elle a été exigée par les Etats-Unis en échange de l’indépendance (sur le papier) de Cuba en 1998 (Enmienda Platt). Le contrat qui lie Cuba aux Etats Unis ne peut être rompu qu’avec l’assentiment des deux parties. C’est à l’époque une base militaire, mais pas encore un centre de tortures US. Les Etats Unis se sont permis cette exigence car ils ont participé aux côtés de l’Espagne à la guerre d’indépendance et celle-ci leur a « donné » Cuba, lors d’un traité signé… à Paris…

Leo Browder chante la « Guantanamera » attribuée à « Joseito » et la popularise dans l’île.

Au cours des années 50, le compositeur Espagnol Orbon la fixe. Puis elle devient un succès aux Etats Unis lorsque son élève Héctor Angulo la chante, et que Pete Seeger et Joan Baez s’en emparent. La guantanamera va devenir un succès mondial…

Etait-ce la façon posthume de José Marti d’apporter son soutien de poète à la Révolution de Fidel Castro?

Dans les « vers simples » il a écrit en effet:

Je cultive une rose blanche

En Juillet comme en Janvier

Pour l’ami sincère

Qui me tend franchement la main

Et pour l’être cruel qui arrache

Le coeur avec lequel je vis,

Je ne cultive ni chardons ni cactus :

Je cultive une rose blanche.

Compte tenu de cette histoire compliquée, il y a toujours des disputes pour s’octroyer les droits d’auteur de la Guantanamera et, finalement, personne n’en perçoit. Ce qui fait dire aux Cubains qu’appartenant à tous, cette chanson est bien cubaine!

« Il m’a chanté une Guantanamera… » se dit à Cuba de quelqu’un qui est venu raconter une histoire triste qui l’a fait souffrir. Que ce soit une histoire d’amour ou… celle de la base américaine de Guantanamo, qui fait souffrir tous – enfin presque tous – les Cubains.

Sur la « Enmienda Platt », amendement à la Constitution Cubaine imposé par les Etats-Unis à Cuba, voir, en espagnol :

http://www.josemartipr.hpg.ig.com.br/guanta.htm

La « enmienda » stipule, entre autres aussi, qu’aucun gouvernement de la République Cubaine ne pourra nouer d’accords avec un autre pays sans l’autorisation des Etats-Unis !!!

José Marti écrivait à son ami Marchado peu avant sa mort au combat : « Je suis désormais chaque jour en danger de donner ma vie pour mon pays et pour mon devoir (…) d’empêcher à temps, par l’indépendance de Cuba, que les États-Unis ne s’étendent dans les Antilles et ne s’abattent, avec ce surcroît de force, sur nos terres d’Amérique. Tout ce que j’ai fait jusqu’à ce jour et tout ce que je ferai, c’est pour ça.»

José Marti est mort mais le combat continue.

Alma

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