Hier sur la petite lucarne bleue, l’on a entendu face à un Emmanuel Macron européiste à fond, Marine Le Pen déclarer «C’est l’Europe à la schlague». Alors, votre site www.justinmorel.info a décidé de faire une petite compilation pour comprendre un peu plus une expression aux connotations tendancieuses…

Selon Ortolang : Schlague, c’est « Châtiment disciplinaire autrefois en usage dans les armées allemandes et autrichiennes, et qui consistait en coups de baguette. Administrer, donner, recevoir la schlague. Dites-moi, mon lieutenant: ce bon temps-là, c’était le temps des coups de bâton, de la schlague pour les soldats? (…) C’était le temps des coups de plat de sabre » (Courier,Pamphlets pol., Lettres partic., 1, 1820, p. 56).

− P. ext. Correction brutale. − Qu’est-ce qu’il a donc, le mioche? − Il s’amuse, dit la femme à son mari. − S’il continue à nous ennuyer, donne-lui la schlague (Champfl., Bourgeois Molinch., 1855, p. 89).

  1. − Au fig. À la schlague. De manière autoritaire et brutale. Mener qqn à la schlague. Vallette a des soupçons sur les gens de la librairie (…) Il fallait l’entendre ce matin (…) Il faudrait les mettre au mur et les traiter à la schlague (Léautaud,Journal littér., 3, 1914, p. 177).

Schlague : nom féminin (allemand Schlag, coup). Châtiment autrefois usité en Allemagne et qui consistait en coups de baguette sur le dos du fautif.

  • Manière brutale de se faire obéir.

« Schlague » : connaissez-vous la nouvelle définition de ce mot, Monsieur Valls

A l’approche des régionales, Manuel Valls occupe le terrain. Il avait notamment rendez-vous, hier, avec les d’jeunes de Sc Po, pour débattre de la nécessité de réformer. Pour l’occasion, le Premier ministre n’a pas hésité à emprunter leur langage. Connaît-il seulement le sens des termes qu’il a tenté d’employer ?

On le dit ringardisé par l’ardent et jeune ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, mais à l’approche des régionales, Manuel Valls sort à nouveau du bois et ne « pense » pas avoir un seul instant perdu de sa « fougue. »

Invité à débattre le 3 novembre avec les d’jeuns de Sc Po, (l’Institut d’études politiques de Paris) sur le thème « Réformer: pourquoi et comment », le Premier ministre se montre d’ailleurs à ce propos très satisfait, « heureux » même, des réformes qu’il croit avoir menées avec succès.

« C’est le devoir de la gauche. La gauche doit se réinventer. » Fort de ses exploits donc, malgré les huées des étudiants, Manuel Valls ne se démonte pas et affirme devant ce jeune auditoire, (à qui il emprunte pour l’occasion le langage), être « bien dans (s)es baskets même s’il est difficile de gouverner » et qu’à choisir, lui choisit de ne pas « gouverner » à la « schlague ».

Le terme est intéressant car s’il signifiait d’antan une « manière brutale de se faire obéir » selon Le Larousse, il a pris aujourd’hui, pour la jeunesse, une tout autre acception. « C’est un mot qu’on n’emploie plus couramment », explique à Marianne Jean-Loup Chiflet, auteur d’un Dictionnaire amoureux de la langue française. Mais « vous vous adressez à un vieil homme » qui a « souvent entendu à l’adolescence » cette expression « probablement d’origine allemande ». « Je me demande si ça ne vient pas des camps de travail voire même d’extermination SS », s’interroge-t-il.

Or « un schlague » pour les ados et jeunes adultes de notre époque est une insulte/ un terme péjoratif largement répandu. « C’est quelqu’un à la ramasse, perdu dans sa vie, qui fait n’importe quoi » explique à Marianne une jeune habitante de Villejuif, en banlieue parisienne lors d’un bref micro-trottoir. « C’est un trou du cul qui ne fait rien de sa vie« , précise à son tour une étudiante. Des définitions que confirment par ailleurs de nombreuses discussions sur Twitter.

Par Patricia Neves

 

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